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Convaincre de réaliser des travaux

LA RÉDACTION, LE 1er MARS 2015
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Convaincre. En matière de lutte contre la précarité énergétique, ce n'est pas une mince affaire. « Nous avons fait d'énormes progrès. Au lancement du pro­ gramme Habiter mieux, on ne savait pas vraiment comment aller chercher les gens et les per­ suader d'engager des travaux de rénovation », se souvient Blanche Guillemot, directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat (Anah). Depuis, le repérage des familles en difficulté s'est organisé. Les collectivités les plus impliquées forment et informent les travailleurs sociaux et quelque 180 ambassadeurs de l'efficacité énergétique, emplois d'avenir qui accompagnent les ménages à domicile, ont été formés grâce à l'Anah et au réseau Cler. « La création de ces ambassadeurs est une opportunité intéressante de démultiplier les moyens sur le terrain à budget équivalent, grâce à l'aide de l'État », réagissait en juin 2013 dans nos colonnes Philippe Morice, président du Pact Habitat et développement des Côtes-d'Armor (lire EM n° 1718, p. 67). Notons qu'en Île-de-France, il est aussi possible de recourir au dispositif des emplois-tremplins pour recruter un écocompagnon. Deux appels à projets sont programmés d'ici au mois de juin. Les collectivités ou leurs opérateurs peuvent cependant aller plus loin en complétant et/ou modulant les aides de l'Anah, en avançant les fonds ou en nouant des partenariats avec le secteur de la construction pour faciliter la réalisation des travaux. « Certaines collec­ tivités cofinancent le programme Habiter mieux. Beaucoup versent des primes en fonction du gain énergétique obtenu après réno­ vation, d'autres, quand une source d'énergie renouvelable est introduite, le chauffage au bois par exemple », rapporte la directrice générale de l'Anah. Brest Métropole augmente ainsi ses aides sur fonds propres quand le gain après travaux dépasse 38 %. « La prime Fart (fonds d'aide à la rénovation thermique, NDLR) passe alors de 3 000 à 4 000 euros et nous augmentons le taux de prise en charge du coût des travaux hors taxes. Nous ré é va­ luons ces compléments chaque année pour trouver le meilleur effet levier », explique Jacques Le Bec, responsable du pôle habitat. Citons aussi l'exemple du Nord-Pas-de-Calais qui module ses aides en fonction du scénario de rénovation choisi (25 %, BBC ou intermédiaire) après un audit environnemental et énergétique (AEE) que la Région a elle-même élaboré dans le cadre de son plan « 100 000 logements ». Le type d'aide peut également dépendre du contexte local. À la Réunion, par exemple, où plus de la moitié des foyers vit en dessous du seuil de pauvreté, le remplacement d'un chauffe-eau électrique par un équipement solaire fait chuter la consommation. Avec le dispositif « Écosolidaire » lancé en 2011, la Région finance à 80 % l'installation par une entreprise Qua-lisol. EDF ajoute 500 euros par équipement et certains centres communaux d'action sociale (CCAS), jusqu'à 100 euros. Enfin, l'avance des subventions peut aussi être une solution, d'autant que l'Anah ne verse désormais les siennes avant travaux qu'aux propriétaires-occupants les plus modestes. La Picardie s'est engagée dans cette voie avec sa régie de l'efficacité énergétique tandis que l'Aquitaine vient de créer un fonds de 4,2 millions pour alimenter une Caisse d'avance pour la rénovation thermique et la transition énergétique. Celle-ci est à la disposition des maires ruraux pour réhabiliter le patrimoine communal en logements et celui des propriétaires-occupants modestes. Ces derniers ont droit à une avance, plafonnée à 9 000 euros, correspondant au maximum à 30 % du montant hors taxes des travaux. Pour réduire le coût, les collectivités peuvent, en outre, se tourner vers les artisans ou entreprises de construction locaux. « La Capeb (fédération des artisans, NDLR) a intégré notre réseau. Il arrive que leurs adhérents interviennent pour venir en aide aux personnes qui en ont besoin dans l'urgence. Prochaine étape : la création d'une plateforme de mise à dis­ position de matériaux, à l'image de celles de l'ALE 37 », projette Anne-Claire Roturier, directrice du Creaq en Aquitaine. Malgré l'échec des négociations menées au plan national et alors que l'Anah expérimente de nouvelles modalités pour son financement, l'autoréhabilitation accompagnée (ARA) peut également s'avérer une solution pertinente. Avec un bémol cependant : cette démarche d'accompagnement sociotechnique des ménages pour qu'ils mènent eux-mêmes une partie des travaux (lire EM n° 1726, p. 29) s'adresse davantage à un public jeune et urbain qu'âgé et rural qui constitue la majorité des personnes en situation de précarité énergétique dans le pays. l


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