La finance devient-elle, peu à peu, plus respon sable ? Oui, à en croire deux études présentées par Novethic. La première a porté sur 32 banques et assurances européennes, dont sept françaises. La seconde, sur 550 inves tisseurs internationaux. Verdict : les critères envi ronnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont de plus en plus pris en compte, sous la pression de la législation, des ONG et de la société civile. Dans la première enquête, les trois quarts des établissements ont publié en 2014 un indicateur sur leurs financements verts, contre seulement 47 % du panel en 2012. « Mais cela reste au stade de la communication », juge Yona Kamelgarn, chargée d'études chez Novethic. Indicateurs hétéro gènes, non comparables et non suivis sur la durée : la qualité des données n'est pas au rendez-vous. Parmi les 550 investisseurs de la seconde analyse, 35 % ont des stratégies de désinvestissement du secteur extractif, plus particulièrement du charbon. Et 33 % du panel utilise son pouvoir d'actionnaire pour interroger les straté gies d'entreprises du secteur énergétique. Les groupes pétroliers Shell et BP en ont fait les frais. « Le fonds pétrolier norvégien a publié, début février, son premier rapport sur l'investissement responsable et a exclu des entreprises de son portefeuille », ajoute Dominique Blanc, directeur du centre de recherche de Novethic. Aucun nom d'entreprise n'a été dévoilé, mais les secteurs du charbon, des mines et du ciment seraient ciblés.