L’horizon s’assombrit pour l’usine d’aluminium d’Alteo, qui envoie ses rejets solides et liquides dans un canyon du parc naturel des Calanques. Alteo a déjà investi sur son site de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, dans des filtres-presses pour répondre à l’interdiction, au 31 décembre 2015, des rejets solides en mer. Mais l’industriel demande une autorisation de rejet pour la fraction liquide des effluents à partir du 1er janvier 2016.
« Compte tenu des questions soulevées et des recommandations formulées dans le rapport de l’Anses, Ségolène Royal a demandé au préfet de prescrire à l’exploitant les nécessaires études et analyses complémentaires », indique le ministère de l’Écologie. Le rapport de l’Anses porte sur l’exposition aux contaminants liés à la consommation de poissons et d’autres produits de la mer (oursins, etc.) provenant de la zone de rejet, ainsi qu’à l’ingestion d’eau de baignade. Or, l’Anses constate « une lacune générale de description des concentrations en contaminants ». Ainsi, les analyses menées sur les poissons n’ont pas été comparées avec celles d’une zone témoin. L’Agence relève également des « écarts notables pour l’arsenic, le mercure et le plomb pouvant influer fortement sur les conclusions et termes d’impact sanitaire. » Face à des « incertitudes trop nombreuses », l’Anses demande notamment une meilleure modélisation du panache et la caractérisation de la zone d’impact, ce qui implique de nouvelles campagnes de pêche.
Au vu de ces conclusions, la préfecture des Bouches-du-Rhône reporte l’enquête publique prévue ce printemps, afin que les résultats issus de ces campagnes puissent être intégrés au dossier d’enquête publique.ACLe rapport de l'AnsesLe rapport du BRGM