Doté d'un budget de 2 millions d’euros alimenté pour moitié par des fonds européens Interreg, Biocombust a fait plancher une dizaine d’instituts sur les effets des émissions de la combustion de la biomasse sur la qualité de l’air et la santé, dans la région transfrontalière du Rhin supérieur, comprenant l’Alsace, et très adepte du chauffage au bois.
Verdict : « une centrale thermique collective obtient de meilleurs résultats en termes de qualité de l’air qu’une multitude d’installations individuelles ». En laboratoire ou en conditions réelles, les partenaires scientifiques ont étudié des chaudières de 40 kilowatts à 8 mégawatts. Quand elles sont alimentées par copeaux de conifère ou de hêtre, les premières émettent 100 et 130 fois plus de particules fines que les secondes. Pour le monoxyde de carbone, une installation de 2,8 MW se contient à 43 milligrammes/m3, six fois sous sa valeur-limite française, alors que celles de 40 KW dépassent leur seuil pour atteindre 3 400 mg/m3.
Meilleur contrôle des conditions de combustion et meilleure filtration l’expliquent. Des facteurs plus décisifs que le type de bois utilisé, selon Biocombust. Faut-il alors crier haro sur le chauffage domestique, même le parc récent avec inserts ? « Non, répond Reto Gieré, professeur d’université allemand pilote du projet. Mais nous avons un important devoir d’information et de formation de la population au contenu de ce qu’elle brûle ».CRLe site de Biocombust