Un rapport permettra-t-il d'améliorer la lutte contre le gaspillage alimentaire ? C'est en tout cas l'espoir du député Guillaume Garot en mission pour le Premier ministre sur le sujet. « Il existe de nombreuses initiatives pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Mais la somme des bonnes volontés n'est plus suffisante », a estimé l'ancien ministre de l'Agro alimentaire en remettant son rapport à ses ex-collègues de l'Écologie et de l'Agriculture. Pour réduire le gaspillage de moitié d'ici à 2025, le do cument avance une douzaine de propositions, qui ont pour objectif commun de rendre chaque acteur du gaspillage plus responsable. Ainsi, la grande distribution ne devrait plus avoir le droit de jeter de la nourriture. Concrètement, il s'agit d'interdire la dégradation volontaire des aliments (notamment en arrosant le contenu des poubelles d'eau de Javel), de généraliser les rayons antigaspi, de rendre obligatoire le don si une association en fait la demande, et de développer d'autres voies de valorisation (alimentation animale, méthanisation). Pour les consommateurs, la mesure phare est le remplacement de la très décriée DLUO (date limite d'utilisation optimale) par un « Meilleur avant », inspiré du britannique « Best before », complétée par une classique campagne nationale de sensibilisation. Pour les producteurs, il s'agirait d'élargir les incitations fiscales existantes aux produits transformés. Et pour orchestrer tout cela, une agence publique serait la bienvenue. Des amendements au projet de loi sur la transition énergétique devraient permettre de concrétiser certaines propositions.