« La France doit être à l'offensive sur l'arrêt des pesticides dans les jardins et je vous annonce que j'ai demandé aux jardineries d'arrêter de mettre en vente libre le Roundup de Monsanto », a ainsi déclaré Ségolène Royal.
Les associations environnementales n'ont pas tardé à réagir. Notamment l'association Générations futures qui, accompagnée de France Nature Environnement (FNE), demandait, déjà en mars dernier, le retrait à la vente du principe actif de l'herbicide, le glyphosate. Celui-ci venait alors d'être classé « cancérigène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer.
« Actuellement en consultation publique, le projet de plan Ecophyto 2 prévoit déjà l’interdiction de la "vente en libre service" des pesticides au 1er janvier 2018. L’annonce de la ministre ne fait donc que reprendre ce point et l’appliquer à un produit pesticide en particulier mais ne signifie pas l’arrêt de la vente du Roundup aux particuliers ! », réagit l'ONG qui reproche également à Ségolène Royal de ne pas fixer d'échéance.
L’interdiction pure et simple de vente aux jardiniers amateurs est, en effet, prévue par la loi Labbé à l’horizon 2022… « Si la mesure rentrait en vigueur avant le 1er janvier 2018 ce serait un progrès que nous saluerions », ajoute François Veillerette, porte-parole de Générations Futures qui se dit, en outre, très vigilant. « Nous veillerons à ce que de simples opérations de communication gouvernementale ne remplacent pas le nécessaire retrait des autorisations de mise en marché de ces produits à base de glyphosate, tant pour l’usage amateur qu’agricole », prévient-il.
Dans un communiqué transmis à l'AFP, le groupe Monsanto explique, de son côté, ne pas avoir, à ce stade, « d'information réglementaire concernant une évolution de l'autorisation de mise sur le marché du désherbant Roundup ».
Chacun en profite, enfin, pour faire sa pub. La ministre évoque ainsi sur Twitter son guide gouvernemental pour « jardiner plus nature » tandis que l'enseigne Botanic rappelle qu'elle a exclu dès 2008 tous les pesticides et engrais chimiques de synthèse des rayons de ses 65 jardineries.FTLe "Guide pour jardiner plus nature" à télécharger