La Compagnie industrielle de la matière végétale (CIMV) va investir 55 millions d'euros dans un laboratoire de recherche et un démonstrateur industriel. Ces deux équipements seront installés dans le parc d'activités des Portes du Tarn, près de Toulouse. CIMV y testera à partir de 2016 son procédé de bioraffinerie, préalablement validé au stade du pilote industriel, dans le cadre du projet européen de démonstration « 2G-Biopic ». Un projet européen qui lui apporte une subvention de 20 millions d'euros. Dans cinq ans, Thierry Scholastique, P-DG de CIMV, et Michel Delmas, directeur scientifique et professeur à l'Institut national polytechnique de Toulouse, espèrent proposer une nouvelle génération de bioéthanol produite à partir de pailles ou de résidus de bois.
« Nous le faisons avec un procédé qui permet de libérer, sans les dégrader, la totalité des sucres et de la lignine présents dans la matière végétale. Pour faire la séparation, nous utilisons des acides acétique et formique, ainsi que de l'eau », décrit Michel Delmas. «La lignine constitue le quart de la matière végétale. Elle a des propriétés adéquates pour remplacer le phénol, une partie des composants du polyuréthane et ceux qui composent le caoutchouc. Tous produits à partir du pétrole. On peut imaginer que, dans les 30 ans qui viennent, la lignine composera 10 à 50 % de tous les plastiques du monde », prévoit Thierry Scholastique. CIMV travaillera en synergie avec le professeur Pierre Monsan. Celui-ci mettra à disposition les plateaux scientifiques de Toulouse White Technology.CWLe projet de CIMV