Un air de changement souffle sur les quais d'Haropa, le groupement des ports du Havre, de Rouen et de Paris. Depuis que l'établissement public a nommé à sa tête, début juin, l'élégante franco-danoise Catherine Rivoallon, un brin de féminité plane sur cet univers viril de docks et d'entrepôts. À déjeuner à ses côtés, on perçoit que cela sera synonyme d'efficacité, car les entrepôts, elle connaît. En effet, elle a débuté sa carrière dans les années 1990 dans une filiale de Monoprix en en gérant un à Rouen, puis plusieurs, avant d'y fonder le service import. L'axe Seine et son arrière-pays n'ont donc guère de secrets pour elle. Synonyme de renouveau, également : « C'est la première fois qu'un président n'est pas issu du monde des armateurs, Catherine venant de celui des chargeurs, c'est-à-dire des clients, des usagers des ports », commente son bras droit chez Haropa, Alexis Rouque. Chez Monoprix, filiale de Casino dont elle est devenue (et reste) responsable du développement international, cette seconde casquette ne gêne pas, bien au contraire : « L'élan avec lequel nous avons verdi nos livraisons, en recentrant les flux sur le port du Havre puis en misant sur le fluvial jusqu'aux entrepôts HQE de Combs-la-Ville, intéresse Haropa », glisse-t-elle. Chez Monoprix, le coton bio, la RSE, c'est aussi elle en grande partie. Ce qui tombe bien à l'heure où Haropa muscle sa stratégie verte. La direction environnement y recrute (en interne) un ingénieur pour l'énergie, un autre pour la concertation, sujets sur lesquels il reste une marge de progrès. La mise en conformité des réseaux d'assainissement portuaire, la contribution des ports à l'évacuation des déblais des chantiers du Grand Paris et le rayonnement au-delà du fret, notamment dans le tourisme fluvial, occuperont amplement la nouvelle ambassadrice. Un regret : hormis le bon temps passé avec ses deux grandes filles, cela ne lui laissera guère de répit pour des loisirs. Tant pis.