Les chiffres sont éloquents : 983 500 modules photovoltaïques, 3 700 km de câbles libres et 800 km de câbles enterrés. Installée sur 250 hectares près de Bordeaux, la centrale solaire de Cestas affiche une puissance de 300 MW. « C'est la plus puissante d'Europe, mais pas la plus étendue. Pour rentabiliser les raccordements, nous avons choisi de densifier l'installation au maximum », indique Xavier Barbaro, P-DG de Neoen, l'entreprise qui a porté ce projet. À un rythme de montage de 7 000 à 8 000 modules par jour, la centrale devrait être entièrement équipée en ce mois de septembre, puis mise en service en octobre après onze mois de travaux. Mais si ce projet est hors norme, ce n'est pas seulement par ses dimensions. Pour le mener à bien, il aura fallu s'adapter à la réglementation et la contourner… légalement. En France, pour bénéficier du tarif d'achat de l'électricité renouvelable, une installation ne doit pas dépasser 12 MW. Neoen a donc dû subdiviser son projet. En fait, il ne s'agit pas d'une centrale de 300 MW, mais de vingt-cinq installations de 12 MW indépendantes électriquement. Côté investissements, le projet représente une dette globale de 310 millions d'euros qu'il a bien fallu dénicher. Problème : il n'est pas non plus autorisé, en France, d'être actionnaire de deux centrales espacées de moins de 500 m. Neoen a donc dû réunir un pool d'investisseurs et répartir leurs fonds entre les vingt-cinq centrales de telle sorte qu'aucun d'entre eux ne soit actionnaire de deux installations trop proches l'une de l'autre. En plus de Neoen, le projet rassemble au final huit investisseurs : Société générale, KfW, ING, Helaba, Bpifrance, la Banque postale, Triodos et Cepac. TB