« Malgré nos recommandations et celles de la commission d’enquête, le Préfet a décidé de passer en force », déplore Michel Labardin, président du syndicat mixte Sysdau, qui regroupe 98 communes de la métropole bordelaise. Certains élus et industriels ainsi que la commission d’enquête ont en effet émis des réserves, jugeant notamment la cartographie imparfaite et déplorant un manque de concertation avec les porteurs des Schémas de cohérence territoriale (Scot).
« Le président de Bordeaux Métropole, Alain Juppé, et moi-même avons donc notifié par courrier au Préfet que nous nous réservons la possibilité d’utiliser des voies de recours », annonce Michel Labardin. D’ici là, les élus vont s’atteler à évaluer précisément les impacts qu’aurait le SRCE sur les projets de développement économiques de la Métropole, s’il était accepté en l’état. « Certaines zones de protection entrent en conflit avec les Scot, pourtant « grenellisés », illustre le président du Sysdau. L’adoption du schéma ouvrirait donc la porte à de nombreux contentieux ! Notre PLU serait également à revoir… »
Pour les associations de protection de l’environnement, le SRCE ne va en revanche pas assez loin. « Le document nous paraît positif, mais bien sûr perfectible, notamment en matière d’opposabilité sur certains projets. Alors que nos chers élus voudraient que le SRCE tienne compte de leurs futurs projets de bétonnage jusqu’en 2030 », dénonce Philippe Barbedienne, directeur de la fédération Sepanso Aquitaine. « Nous souhaitons un SRCE qui concilie les considérations environnementales avec la nécessité de développement économique », réplique Michel Labardin.ACo