En Aquitaine, le recul du trait de côte a son emblème : Soulac-sur-Mer, au nord de la Gironde. « Le taux d'érosion y est l'un des plus élevés d'Europe. La mer grignote de trois à cinq mètres de plage par an. Les dernières tempêtes hivernales ont accéléré ce phénomène. Tout repli est impossible, la commune est prise en étau entre les eaux de l'Atlantique et l'estuaire de la Gironde », explique son sénateur-maire Xavier Pintat. Une vulnérabilité qu'il veut tourner à son avantage, en faisant de sa commune un site pilote en Europe. Un partenariat a été noué avec le Service hydrographique et océanographique de la marine (Shom) pour mieux en cerner le fonctionnement hydrosédimentaire. Yves Bannel, le président d'une association locale qui a fait remonter le dossier jusqu'à Bruxelles, estime qu'il faudra privilégier une solution générant le moins de conflits d'usage. Un dispositif expérimental est testé cet hiver. Baptisé Dédale, il consiste en une série d'obstacles mis sur le parcours de la vague pour casser sa vitesse et réduire la force exercée en pied de dune. Des « murs couchés » seront placés au large du rivage, à l'horizontale, et arrimés au fond de l'eau. Ces lourds ballasts seront remplis avec le sable de la plage puis encordés entre eux. Le dispositif est réversible, réutilisable et présente un coût (environ 200 000 euros) et un impact environnemental mo dérés. Le sable employé sera rendu à la plage. Le but ? « Tester sa résistance aux forces naturelles pour valider les matériaux choisis et estimer leur durabilité en fonction de l'usure constatée. Plusieurs villes en zone dunaire sont intéressées », conclut Yves Bannel. MB