Publié pendant la trêve des confiseurs, l'arrêté préfectoral autorisant Altéo à continuer à rejeter depuis Gardanne jusqu'à 7 km au large des calanques de Cassis les résidus de son activité industrielle (alumine de spécialité) n'a pu passer inaperçu. Ségolène Royal et Manuel Valls se sont affrontés. L'une, brandissant l'étude de l'Anses montrant une contamination piscicole au mercure et à l'arsenic, l'autre, l'avis favorable du Conseil supérieur de prévention des risques technologiques. Le Premier ministre l'a emporté. Après avoir investi 27 millions d'euros (pour moitié financés par l'Agence de l'eau) dans trois filtres-presses, Altéo est, sous conditions, autorisé pendant deux ans renouvelables deux fois à rejeter ses eaux résiduelles. Les collectivités territoriales, dont Marseille Provence Métropole, et le Parc national des Calanques se sont prononcés en faveur de la poursuite de l'activité. Une pétition en ligne (www. change.org) rassemblait début janvier près de 50 000 signatures d'opposants. Du côté associatif, les avis sont partagés, entre refus pur et simple et « oui, mais ». « Le problème persiste pour la teneur en aluminium et en arsenic de l'eau rejetée, supérieure aux normes, note Pierre Aplincourt, président de FNE 13. Nous ne demandons pas l'arrêt par crainte d'une délocalisation, mais il faut que la pression soit mise pour que l'industriel réduise les apports. » Il convient, pour la fédération, de « relativiser ces rejets d'eau contaminés par rapport à d'autres comme ceux de la station d'épuration de Marseille par gros orages, de l'Huveaune, sans oublier ceux du Rhône en micropolluants toxiques ou ceux des entreprises du pourtour de l'étang de Berre ». Quant aux boues rouges déshydratées, elles sont stockées en plein air, près de Gardanne. Un autre dossier à ouvrir…MLL