Offre Silver (à partir de 20 € / mois)
Newsletters gratuites
Accès abonnés Nos offres magazines Nos offres magazines
Menu
VIDÉOS
EAU
RECYCLAGE
ÉNERGIE
TERRITOIRES
CLEANTECH
POLITIQUES
POLLUTIONS
BIODIVERSITÉ
MOBILITÉ

Alerte rouge pour les lémuriens, le grand hamster ou la baleine franche

Alerte rouge pour les lémuriens, le grand hamster ou la baleine franche
Par Environnement Magazine avec AFP, le 10 juillet 2020.
Newsletters gratuites
-------------------- PUBLICITÉ --------------------
Des lémuriens de Madagascar, le grand hamster d’Alsace ou encore la baleine franche de l’Atlantique nord ont fait un nouveau pas vers l’extinction, victimes des activités de l’Homme, a mis en garde l’UICN en publiant sa nouvelle liste rouge ce jeudi 9 juillet.

Selon les experts biodiversité de l’ONU (IPBES), environ un million d’espèces animales et végétales sur les quelque 8 millions estimées sur Terre sont menacées d’extinction, dont « beaucoup dans les prochaines décennies ». Mais ces chiffres sont des extrapolations basées sur les évaluations d’une fraction des espèces, en particulier sur la fameuse liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, référence en la matière qui s’enrichit chaque année de l’étude de nouvelles espèces. Désormais, sur 120.372 espèces passées au crible, 32.441 sont menacées d’extinction (13.898 vulnérables, 11.732 en danger et 6.811 en danger critique), soit plus de 25%.

« Le monde doit agir rapidement pour arrêter le déclin des populations d’espèces et prévenir les extinctions causées par l’Homme », a plaidé Jane Smart, directrice du groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN.

Les primates africains menacés par la déforestation

La liste rouge 2020 complète en particulier l’évaluation des primates africains, attirant surtout l’attention sur les lémuriens, endémiques de Madagascar. Ainsi, 103 des 107 espèces de lémuriens sont menacées, « principalement en raison de la déforestation et de la chasse » et 33 d’entre eux sont en danger critique, dernière catégorie avant l’extinction. Sans les importants efforts humains et financiers déployés pour sa conservation (aires protégées, reforestation, éco-tourisme...) certaines, comme le lépilémur du Sahafary « seraient sans doute déjà éteintes », note Russ Mittermeier, spécialiste des primates pour l’organisation.

Mais ces campagnes n’ont pas permis d’empêcher 13 espèces de lémuriens de passer dans la catégorie « en danger critique », comme le sifaka et le microcèbe mignon, plus petit primate du monde, tous deux victimes de la destruction de leur habitat par l’agriculture sur brûlis et l’exploitation forestière.

Dans le reste de l’Afrique, plus de la moitié des espèces de primates (54 sur 103) sont également menacées, comme le colobe à longs poils désormais en danger critique.

Champignon « le plus cher du monde »

Cela montre « que l’Homo Sapiens doit changer radicalement sa relation avec les autres primates, et avec la nature dans son ensemble », souligne Grethel Aguilar, directrice générale par intérim de l’UICN, dont le congrès qui devait se tenir en juin a été reporté à janvier 2021 à cause du Covid-19.

La nouvelle liste rouge s’inquiète également du sort du hamster d’Europe, qui passe lui aussi en danger critique. Et « si rien ne change, l’espèce pourrait disparaître au cours des 30 prochaines années », s’alarme l’UICN. Le rongeur autrefois abondant à travers l’Europe, jusqu’en Russie, a aujourd’hui disparu des trois quarts de son habitat originel en Alsace (où il est connu sous le nom de grand hamster d’Alsace) et en Europe de l’Est. Une régression liée à un taux de reproduction en chute libre: une femelle a aujourd’hui en moyenne 5 ou 6 petits par an, contre 20 pendant la majeure partie du XXe siècle. Pour des raisons multiples liées semble-t-il à l’extension de la monoculture, au développement industriel, au réchauffement climatique ou à la pollution lumineuse.

La liste rouge voit également l’entrée comme « vulnérable » du champignon chenille, « le plus cher du monde ». Ce parasite, qui pousse hors du corps d’une larve de papillon qu’il a colonisée et tuée, est très prisé de la médecine traditionnelle chinoise. Mais pour répondre à la demande, les récoltes sur le plateau tibétain où il pousse ont grimpé en flèche et depuis 15 ans, la population de ce champignon parfois surnommé « viagra de l’Himalaya » a diminué d’au moins 30%, selon le communiqué.

Plus que 250 baleines franches dans l’Atlantique nord

La liste rouge souligne enfin le danger qui pèse sur les baleines franches de l’Atlantique nord, dont il restait moins de 250 adultes fin 2018 (-15% depuis 2011). Victimes de collisions avec les navires et des filets de pêche, mais aussi du réchauffement des océans, elles sont à un pas de l’extinction.

Alors que de nombreux scientifiques estiment que la 6e extinction de masse a commencé, « la liste rouge est un baromètre de la vie sur Terre », a commenté Andrew Terry, de la Zoological Society of London. Alors « nous devons tenir compte de ses avertissements et prendre les mesures audacieuses nécessaires pour assurer un avenir dans lequel la vie sauvage et l’humanité prospèrent ».
 
Pixabay / DR
Toute l'information de cette rubrique est dans :
Environnement Magazine
Le magazine pour les acteurs et décideurs du développement durable et des métiers de l’environnement.
Découvrir
Acheter un numéro
[Vidéo] Ça m'énerve : nos caniveaux ne sont pas des poubelles !
Dernier numéro
Actu réglementaire
À lire également
Plus de 11 % des mollusques continentaux menacés de disparition
Plus de 11 % des mollusques continentaux menacés de disparition
Les escargots, les limaces et les moules d'eau douce sont en danger. L’état des lieux réalisé par le Comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l'Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), montre que plus de 11 % de ces espèces sont menacées de disparition.
[Vidéo] Une forêt Miyawaki pour lutter contre les îlots de chaleur urbains
[Vidéo] Une forêt Miyawaki pour lutter contre les îlots de chaleur urbains
Pour lutter contre les effets du réchauffement climatique en milieu urbain, la ville de Saint-Martin-Boulogne (Pas-de-Calais) a créé un îlot de fraîcheur en plantant dans l'un de ses quartiers prioritaires une forêt Miyawaki
L'appel à candidatures aux Grands prix Natura 2000 est lancé !
L'appel à candidatures aux Grands prix Natura 2000 est lancé !
L'Office français de la biodiversité lance la nouvelle édition des Grands prix Natura 2000 pour mettre en valeur et diffuser les bonnes pratiques sur les sites Natura 2000. Le concours est ouvert jusqu'au 31 août 2021.
Serge Morand, nommé membre du panel d’experts « One health »
Serge Morand, nommé membre du panel d’experts « One health »
Serge Morand, écologue de la santé au CNRS, en détachement au Cirad en Thaïlande, fait désormais partie des 26 experts internationaux de haut niveau « Une seule santé ».
Stratégie européenne pour les forêts : un texte insuffisant pour la préservation de l'écosystème forestier
Stratégie européenne pour les forêts : un texte insuffisant pour la préservation de l'écosystème forestier
Après son « paquet climat », la Commission européenne a déroulé vendredi 16 juillet sa nouvelle stratégie pour les forêts, qui définit le chemin à suivre pour des modes durables de gestion forestière jusqu'en 2030. Malgré son ambition, cette stratégie se heurte déjà aux critiques, en accusant « le lobby forestier conservateur » qui aurait réussi à « édulcorer le texte ».
Les Conservatoires d’espaces naturels veulent établir une fondation d’utilité publique
Les Conservatoires d’espaces naturels veulent établir une fondation d’utilité publique
Les Conservatoires d’espaces naturels ont décidé de se doter d'une Fondation reconnue d’utilité publique afin de renforcer leur stratégie foncière.
Planète Mer lance une campagne d'observation des écosystèmes côtiers
Planète Mer lance une campagne d'observation des écosystèmes côtiers
L’association Planète Mer dévoile sa nouvelle campagne d’observation de la biodiversité sur toutes les plages de France. Les promeneurs et visiteurs sont invités à photographier et à partager leurs observations sur la plateforme BioLit.
Tous les articles BIODIVERSITÉ
Environnement Magazine est un site du Groupe Cayola.