À l'issue de sa phase pilote, le projet de compteur communicant d'ERDF n'a pas encore définitivement convaincu. « ERDF est techniquement prêt pour le déploiement », assure Marc Boillot, son directeur stratégie et grands projets. Mais du côté des pouvoirs publics, la priorité est d'éviter toute précipitation. « Il reste deux axes de discussion : les services à l'aval et la stratégie de déploiement », juge Florian Lewis, adjoint au chef de bureau Réseaux de transport et de distribution d'électricité de la DGEC. Le doute subsiste sur l'écosystème dans lequel va s'inscrire le compteur Linky. ERDF ne parvient pas à s'extirper du débat sur les services de maîtrise de l'énergie que Linky fera émerger, même s'ils ne sont pas de son ressort. « L'expérimentation a fait remonter des besoins complémentaires au compteur », insiste Jean-Luc Dupont, président du Syndicat intercommunal d'énergie d'Indre-et-Loire, qui a accueilli la phase pilote. Reste à définir comment les données seront transmises au consommateur - par un affichage déporté, par Internet, par SMS...- et le modèle économique des services associés. Dans le flou persistant sur ces questions, difficile d'engager le déploiement national. Ce projet devrait en effet durer sept à huit ans avec plusieurs générations de compteurs à faire coexister. La Commission de régulation de l'énergie doit valider le design de base du compteur, d'ici à juin, selon la DGEC. Pour le reste « le comité de suivi du projet est en cours de constitution. Nous réfléchissons à ses axes de travail », temporise Florian Lewis.