Cinq progrès attendus. C'est la feuille de route adressée par Éric Besson au projet de compteur électrique communicant français. Mercredi 4 mai, le ministre de l'Énergie a installé le comité de suivi du programme Linky. Sa dimension industrielle - fabrication et déploiement des compteurs - a globalement été validée par la phase pilote. Mais cinq faiblesses ont été identifiées : la pédagogie ; l'accès du consommateur à ses données ; la protection de la vie privée ; le risque d'une multiplication des offres tarifaires ; la transparence sur les coûts. Un point semble toutefois acquis : la maîtrise de l'énergie sera un critère central dans la décision de généraliser Linky. Si elle n'était pas au départ une priorité d'ERDF, elle s'est imposée au fil des débats. « Bien évidemment, c'est l'un des objectifs », a très clairement annoncé Éric Besson. Plus précisément, c'est sur les modalités d'accès, par l'usager, à ses données de consommation que se concentrent nombre d'interrogations. Affichage déporté, Internet, SMS, facture papier... Toutes les options techniques restent ouvertes. Avec un point de désaccord : qui sera chargé de leur transmission à l'usager ? « Les fournisseurs d'électricité refusent que ce soit ERDF, glisse Pierre-Franck Chevet, directeur général de la DGEC (direction générale de l'Énergie et du Climat). Ils préfèrent inclure ce service dans leur offre. » Mais pour uniformiser les pratiques, l'entreprise semble la mieux placée. « C'est une question à trancher dans les trois mois », reconnaît Michèle Bellon, présidente du directoire d'ERDF. Seule certitude, le statut du distributeur d'électricité lui interdit d'offrir des services de maîtrise de l'énergie. ERDF pourra seulement fournir les données de consommation. Dans l'immédiat, le comité de suivi attend les conclusions de la Commission de régulation de l'énergie pour juin. La décision de généraliser le compteur serait alors prise par le gouvernement « au cours de l'été », déclare Éric Besson, précisant que « la date butoir de l'été est le 21 septembre ». Une échéance cruciale pour que le déploiement fonctionne à plein régime début 2013.