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Comment l’écoconception devient un moteur de compétitivité chez Endress+Hauser

ABDESSAMAD ATTIGUI, LE 20 AVRIL 2026
\ PUBLIÉ DANS ENVIRONNEMENT MAGAZINE N° 1825
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Comment l’écoconception devient un moteur de compétitivité chez Endress+Hauser
Endress+Hauser a présenté un bilan 2025 solide à l’occasion de son « Global Forum » à Bâle, en Suisse. Crédits : photomarcgilgen__GIL
Endress+Hauser a présenté un bilan 2025 solide à l’occasion de son « Global Forum » à Bâle, marqué par le franchissement du cap des 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Dans un contexte géopolitique incertain, le groupe confirme la résilience de son modèle, porté par l’innovation durable.

À l’occasion de son « Global Forum », organisé au centre d’exposition Messe Basel de Bâle et réunissant près de 1 100 clients venus du monde entier autour des enjeux de transformation durable et numérique de l’industrie, Endress+Hauser a levé le voile, le 15 avril, sur ses résultats annuels. Dans un contexte international chahuté, le spécialiste de l’instrumentation de mesure affiche une trajectoire solide, marquée à la fois par une croissance soutenue et un renforcement de ses positions sectorielles. L’exercice 2025 marque d’ailleurs un tournant. Pour la première fois de son histoire, le groupe suisse franchit le seuil des quatre milliards d’euros de chiffre d’affaires. Celui-ci s’établit précisément à 4,01 milliards d’euros, en progression de 7,2 % par rapport à l’année précédente. Une performance d’autant plus notable qu’elle intervient dans un environnement économique contraint, entre tensions géopolitiques persistantes, incertitudes macroéconomiques et fluctuations monétaires défavorables.

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Ces dernières ont d’ailleurs pesé significativement sur la dynamique de croissance. La vigueur de l’euro et du franc suisse a amputé le chiffre d’affaires, comme le souligne Luc Schultheiss, Chief Financial Officer, qui évalue l’impact négatif à 3,3 points de croissance, soit environ 125 millions d’euros. Corrigée de ces effets de change et des acquisitions, la croissance organique ressort ainsi à 2,6 %. Malgré ces vents contraires, le groupe maintient des fondamentaux financiers robustes, avec un bénéfice net de 321,3 millions d’euros et une marge opérationnelle de 10,7 %.

Des performances régionales contrastées mais équilibrées
Cette dynamique globale s’inscrit dans une présence internationale solidement ancrée, bien que marquée par des disparités régionales. Les États-Unis demeurent le premier marché du groupe, tandis que l’ensemble du continent américain enregistre une croissance de 10,1 %, témoignant de la vigueur de la demande industrielle. L’Europe affiche également une progression notable de 11,6 %, portée notamment par l’Italie, l’Espagne et la Grande-Bretagne. En revanche, l’Allemagne - troisième marché du groupe - ainsi que la Suisse accusent un recul de leurs ventes.

La région Afrique et Moyen-Orient poursuit sa montée en puissance avec une croissance de 7,4 %. À l’inverse, la zone Asie-Pacifique recule de 1,4 %, pénalisée principalement par le ralentissement du marché chinois, pourtant stratégique. Cette baisse est toutefois partiellement compensée par les bonnes performances enregistrées en Inde et en Asie du Sud-Est.

Dans ce contexte, la diversification géographique apparaît comme un amortisseur clé, permettant au groupe de lisser les fluctuations régionales et de préserver une trajectoire de croissance globale.

Des investissements record pour préparer l’avenir
Au-delà des résultats immédiats, Endress+Hauser confirme son engagement dans une stratégie de long terme. En 2025, le groupe a ainsi réalisé des investissements record de 370,8 millions d’euros dans ses infrastructures, ses bâtiments et ses systèmes numériques. Sur cinq ans, l’effort cumulé atteint 1,4 milliard d’euros, intégralement financé sur fonds propres, un indicateur fort de sa solidité financière.

Cette dynamique se poursuit avec près de 30 projets majeurs en cours, représentant un volume d’investissement d’environ 680 millions d’euros. Parmi eux, la construction de nouveaux centres de production en Allemagne et en Chine, destinés à renforcer la proximité industrielle avec les marchés clés.

Innovation et acquisitions, moteurs d’une croissance maîtrisée
C’est précisément dans ce cadre d’investissement soutenu que s’inscrit la stratégie d’innovation du groupe, véritable colonne vertébrale de sa compétitivité. En 2025, Endress+Hauser a consacré 281,4 millions d’euros à la recherche et développement, soit 7,0 % de son chiffre d’affaires. Si ce ratio recule légèrement pour des raisons comptables liées à l’intégration de nouvelles activités, l’effort réel progresse néanmoins de 2,1 %, traduisant une volonté constante d’investir dans la différenciation technologique.

Cette stratégie se concrétise par des résultats tangibles : 41 nouveaux produits lancés et 294 premières demandes de brevets déposées à l’échelle mondiale. Le groupe dispose désormais d’un portefeuille de plus de 9 400 brevets et demandes actives, confirmant le rôle central de la propriété intellectuelle dans sa compétitivité. Appuyée par plus de 1 300 collaborateurs dédiés à la R&D, cette dynamique d’innovation constitue un avantage décisif dans un secteur où précision, fiabilité et efficacité énergétique deviennent des critères déterminants.

Parallèlement, la croissance a également été alimentée par des opérations stratégiques ciblées, notamment l’intégration des activités d’analyse et de mesure des gaz du fabricant SICK. Ce partenariat renforce à la fois l’expertise technologique du groupe et son positionnement commercial sur des segments à forte valeur ajoutée.

L’écoconception, levier stratégique de compétitivité
Dans le prolongement direct de cette dynamique d’innovation, Endress+Hauser intègre désormais pleinement les enjeux de durabilité à sa stratégie industrielle. « La transformation durable est la clé d’une compétitivité accrue », souligne Laurent Mulley, Chief Sales Officer, mettant en avant un double objectif : répondre aux exigences environnementales tout en générant de nouvelles opportunités de marché. 

Concrètement, cette ambition se traduit par une approche systématique d’écoconception. L’ensemble des équipes de développement est désormais soumis à des directives strictes visant à réduire l’empreinte environnementale sur l’ensemble du cycle de vie des produits. Un enjeu majeur, puisque plus de 97 % des émissions du groupe relèvent du Scope 3, c’est-à-dire de sa chaîne de valeur incluant matières premières, composants et usage des produits chez les clients. Dans ce cadre, chaque produit est réévalué afin de concilier performance et durabilité. Comme l’explique Hans Joachim Fröhlich, Technology & Portfolio Director, l’objectif est double : améliorer les performances sans surcoût significatif, ou réduire les coûts tout en maintenant le niveau d’exigence.

Les premiers résultats sont déjà visibles. Le transmetteur de pression Cerabar PMC43 permet une réduction annuelle estimée à 196 tonnes de CO2e. Le spectromètre PlasmaQuant 9200 combine une baisse de 45 % de la consommation énergétique et une réduction de 40 % de l’encombrement, soit environ 311 tonnes de CO2 économisées chaque année. De son côté, le débitmètre Proline 10 illustre cette optimisation des ressources, avec une économie de 1,8 tonne de matériaux sur son cycle de vie.

Engagé vers la neutralité carbone à horizon 2050, avec une trajectoire validée par la Science Based Targets initiative (SBTi), le groupe vise une réduction de 35 % des émissions de sa chaîne de valeur d’ici 2034. Cet objectif reposera notamment sur une collaboration accrue avec les fournisseurs et une sélection plus rigoureuse des matériaux.

Une croissance portée aussi par le capital humain
La dynamique d’Endress+Hauser ne se limite pas à ses performances économiques et technologiques. Elle se reflète également dans l’évolution de ses effectifs, qui atteignent 18 306 collaborateurs fin 2025, en hausse de 7,4 %. Cette progression est notamment liée à l’intégration de plus de 800 experts issus du partenariat avec SICK.

Le groupe poursuit par ailleurs ses efforts en matière de formation, avec 676 apprentis à travers le monde, soit 3,7 % de ses effectifs, et un objectif affiché de 5 % à terme. Pour 2026, 250 nouveaux emplois devraient encore être créés, signe d’une confiance maintenue dans les perspectives de développement.

Une stratégie résiliente face à l’incertitude
En franchissant le cap des quatre milliards d’euros de chiffre d’affaires, Endress+Hauser confirme la solidité d’un modèle fondé sur trois piliers complémentaires : innovation, expansion internationale et durabilité. Dans un environnement mondial volatil, le groupe parvient à concilier performance à court terme et investissements structurants. Une ligne directrice assumée par son CEO, Peter Selders, maintenir une croissance durable en restant proche des clients et en continuant de proposer des solutions fiables et à forte valeur ajoutée.


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