Total avait déjà pris position dans les énergies renouvelables, photovoltaïque et biocarburants en tête. Mais jamais il n'avait autant affirmé ses ambitions. Le projet de rachat de 60 % du capital de l'américain SunPower, pour un montant de 1,37 milliard de dollars, constitue son plus gros investissement dans ce secteur. Et cette opération n'est pas due au hasard. Total explique avoir passé au peigne fin, pendant deux ans, tout le secteur pour trouver la perle rare. Plus de 200 entreprises auraient été examinées. Pourquoi avoir choisi SunPower ? La société californienne dispose d'une technologie de panneaux solaires dont le rendement lui permet de résister à la concurrence des fabricants chinois. Elle est aussi présente dans l'aval de la chaîne, jusqu'à la construction de centrales. De son côté, SunPower pourra s'appuyer sur le crédit de 1 milliard de dollars accordé par son nouvel actionnaire pour accroître ses capacités de production et accélérer le rythme de développement des centrales. Notamment aux États-Unis, où le marché solaire est estimé à 6 milliards de dollars. À l'échelle de ses 20 milliards de dollars d'investissement chaque année, l'opération ne fait pas de Total une société d'énergies renouvelables. Le chiffre d'affaires de SunPower - 2 milliards de dollars - représente environ 1 % de celui de Total. Mais, alors que ses concurrents européens BP et Royal Dutch Shell ont renoncé à leurs développements sur ce segment, le groupe affiche et cultive clairement sa différence. Fondée l'an dernier, la division gaz et énergies nouvelles commence à prendre forme. En plus de SunPower, Total détient 50 % de Photovoltech, une société belge spécialisée dans la production de cellules photovoltaïques multicristallines. Elle a réalisé 104 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2010, en hausse de 30 %. Le groupe possède aussi 25,4 % de l'américain AE Polysilicon (production de silicium) et 25 % de Konarta (technologies solaires organiques). Il a également annoncé, il y a quelques semaines, l'acquisition auprès d'EDF des 50 % qui lui manquaient au capital de Tenesol.