Vu depuis Bruxelles, le photovoltaïque français est-il compétitif ?
En France, le coût moyen d'installation d'un système photovoltaïque est de 3 à 3,20 euros par watt au sol et 5,20 à 5,40 euros par watt en toiture. Pour comparaison, le prix moyen d'installation allemand est seulement de 2,50 euros par watt : 2 à 2,20 au sol et 2,70 à 3 en toiture. Le surcoût français vient de son choix d'intégrer les panneaux au bâti, mais pas seulement. Il s'explique aussi par les marges des installateurs et des revendeurs et les frais liés aux procédures administratives. Pour les grands systèmes, ils comptent pour 15 à 20 % du coût d'un projet.
Comment réduire le prix du kilowattheure ?
Le choix français de limiter son marché a un corollaire : maintenir le prix du photovoltaïque élevé. À la fin 2010, l'Allemagne avait raccordé 17,4 gigawatts (GW) de panneaux. Elle prévoit d'atteindre 51 à 70 GW en 2020. En Italie, les discussions tournent autour de 23 GW d'ici à 2016, alors qu'en France, l'objectif officiel n'est que de 5 GW en 2020. Il n'y a pas assez de concurrence au sein de la filière française. Son marché doit clairement être augmenté. En France, l'électricité photovoltaïque peut atteindre le prix du marché vers 2014 pour les grands systèmes au sol, vers 2016 pour le résidentiel et vers 2018 ou 2019 pour les centrales de 50 à 500 kilowatts. La phase de transition suppose une simplification administrative, des délais de raccordements raisonnables et d'accorder une priorité d'injection sur le réseau électrique aux sources renouvelables.
Le nouveau cadre va-t-il changer la donne ?
La baisse trimestrielle des tarifs d'achat offre une meilleure visibilité. Mais elle devrait dépendre du prix plutôt que des volumes de projets et être moins segmentée. Pour les puissances supérieures à 100 kilowatts, le système par appels d'offres n'est pas justifié techniquement. La capacité installée en France est trop faible pour perturber le réseau. Globalement, les appels d'offres sont une manière de restreindre le marché et de privilégier les grands groupes aux développeurs de projets de taille moyenne. La communication politique française est contradictoire. D'un côté, elle vante la qualité de son industrie. De l'autre, elle limite ses débouchés au prétexte d'un surcoût pour la collectivité. Surcoût auquel elle contribue en maintenant des prix élevés. Le serpent se mord la queue.