Comment la voiture électrique va-t-elle modifier la politique environnementale de Renault ?
Aujourd'hui, Renault fait face à trois défis environnementaux. Après avoir travaillé sur les émissions au kilomètre parcouru, nous allons évoluer vers l'empreinte carbone. Nous devons aussi progresser dans le recyclage : en incorporant davantage de matières recyclées dans nos voitures et en nous assurant que nos produits sont effectivement recyclés. Notre troisième défi sera d'accroître l'information du public. Les débats autour de la voiture électrique sont très sains. Ils encou-ragent le client à réclamer de l'information sur l'impact environnemental de son véhicule. Donc à attiser son appétence pour les analyses de cycle de vie (ACV). Nous utilisons déjà les ACV en interne. Il faudra qu'elles soient accessibles au client.
Participerez-vous à l'expérimentation à venir sur l'affichage environnemental ?
Pour Renault, l'étiquetage environnemental devrait idéalement être contrôlé par des instituts indépendants. Mais de tels organismes n'existent pas encore. L'expérimentation prévue par le gouvernement porte sur des produits plus simples qu'une voiture. Nous réfléchissons à ce que nous pourrions proposer dans l'automobile. Lors de la commercialisation de nos modèles électriques, nous publierons leurs ACV. Sur ce point, la Fluence est la première à être actuellement soumise à une revue critique d'experts. Nous diffuserons aussi leurs conclusions. À terme, l'étiquetage environnemental nous semble incontournable et il passera par l'ACV.
Pourrait-il faire renoncer Renault au modèle de la voiture individuelle ?
À long terme, nous nous dirigeons certainement vers une économie de l'usage, et non de la possession de la voiture. La stratégie à adopter consiste à préparer cette mutation. Mais pour lancer le mouvement, il faut un engagement de l'entreprise, avec des objectifs quantifiés rendus publics. Ce n'est possible que sur le modèle existant. Aujourd'hui, une voiture de marque Renault, Dacia ou Samsung - en moyenne dans le monde - émet 32 tonnes équivalent CO2 sur son cycle de vie. Avec une hypothèse de 150 000 kilomètres parcourus en dix ans, 71 % des émissions sont dues à l'usage. D'ici à 2016, Renault vise donc à réduire les émissions de CO2 à 100 grammes par kilomètre, alors que l'Union européenne ne vise 95 g qu'en 2020.