Trois en un. Produire de l'énergie, traiter les eaux usées et capter du CO2... simultanément. Ennesys pourrait révolutionner le secteur du bâtiment. Son ambition ? Développer des systèmes de production locale d'énergie exploitant du CO2 capté à proximité, et les eaux usées des immeubles. Concrètement, son procédé repose sur l'utilisation de microalgues. Elles se nourriraient des nutriments présents dans les eaux usées et du CO2 prélevé « en environnement urbain, idéalement dans les chaufferies municipales. Ou par exemple issu des gaz brûlés aspirés par les hottes des cuisines des cantines », prévoit Jean-Louis Kindler, directeur général de l'entreprise. In fine, le procédé produirait de l'hydrogène, de l'huile et de la biomasse. L'objectif étant de tout valoriser localement, respectivement dans des piles à combustible, des générateurs diesel, des chaudières et des méthaniseurs. Reste à valider, en conditions réelles, un procédé d'abord destiné aux bâtiments neufs. Les premières constructions pourraient sortir de terre en 2013. Pour l'instant, Ennesys travaille sur deux projets avec Bouygues. La société réfléchit aussi à installer un démonstrateur courant 2011 sur un bâtiment existant. Ennesys est une co-entreprise entre l'incubateur de technologie anglais PJC et l'américain Originoil, fabricant d'équipements pour la production de carburant à partir d'algues. Elle a choisi de lancer son offre d'abord en France, « un excellent marché grâce à sa réglementation », juge Pierre Tauzinat, son président. Ennesys espère être porté par les futurs textes sur les bâtiments à énergie positive.