Dans un contexte de sol pollué, la caractérisation de la contamination est délicate, notamment compte tenu du nombre limité d'échantillons et du manque de représentativité spatiale des mesures. C'est là que la géostatistique s'avère utile. La société Geovariances a développé, avec Mines ParisTech, le logiciel Isatis. Historiquement utilisé dans les domaines miniers et pétroliers, il a fait ses preuves pour l'environnement. À partir de données issues de sondages ou de prélèvements ponctuels sur site, de données historiques, lithologiques ou d'observations de terrain, la géostatistique permet de cartographier précisément la pollution. Elle caractérise la variabilité spatiale des teneurs en polluant, quantifie les volumes de terres polluées à traiter ou à excaver en calculant le risque d'excéder un seuil critique de pollution à l'échelle de la maille de traitement, « répondant ainsi à une demande récurrente des acteurs de la profession », précise Claire Faucheux, consultante environnement chez Geovariances. Isatis permet aussi de rationaliser les stratégies d'échantillonnage, d'optimiser un réseau de piézomètres ou d'identifier le fond géochimique local. Dans tous les cas, les calculs prennent en compte la représentativité des échantillons, conduisent à estimer les incertitudes locales associées et à estimer le coût de dépollution probable. Geovariances a aussi développé, avec le CEA, le logiciel Kartotrak dédié à la caractérisation radiologique d'un site.