Seulement 25,6 millions d'euros au premier trimestre, répartis entre 17 entreprises. Les investissements dans les sociétés françaises de technologies propres peinent véritablement à décoller. En cause, les effets résiduels de la crise financière de 2008 et 2009 continuent certainement à se faire sentir. Certains fonds n'ayant pas reconstitué leur potentiel d'investissement, ils se montrent encore réticents à financer des entreprises pour la plupart jeunes, donc à risque. Pour autant, ces statistiques, issues du baromètre trimestriel de l'Association française des investisseurs en capital (Afic), démontrent le manque de dynamisme de la France dans ce segment d'activités. Les chiffres du premier trimestre 2011 sont aussi faibles que ceux constatés au deuxième trimestre 2009, alors que la crise financière battait encore son plein.
Deux éléments sont régulièrement avancés pour expliquer ce peu d'entrain. D'une part, la taille du marché français, relativement faible. Il ne favorise pas l'essor rapide d'entreprises, à la différence par exemple du marché américain. Ce dernier est aussi culturellement habitué à investir dans des start-up, des technologies de l'information et désormais de l'environnement. Les écotechnologies nord-américaines ont ainsi récolté 2,19 milliards de dollars au premier trimestre 2011, soit 43 % de plus qu'un an auparavant, avec 101 opérations recensées, selon les récents chiffres du Cleantech Group. D'autre part, en France, « si le nombre d'opérations dans les cleantech se stabilise, les montants sont cependant en baisse du fait du recul des investissements dans les énergies renouvelables », explique Sophie Paturle Guesnerot, présidente du Club Cleantech AFIC. En cause, le changement de réglementation intervenu fin 2010. Les investisseurs prévoient une reprise des opérations dans les prochains mois. Un rebond indispensable, alors que près de 240 millions d'euros avaient été investis l'an dernier dans les écotechnologies, dont près de la moitié rien que dans les énergies renouvelables.