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Linky bute sur le facteur humain

LA RÉDACTION, LE 23 MAI 2011
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Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
Le succès du projet Linky est-il garanti ? Techniquement, ERDF se déclare prêt pour le déploiement du compteur communicant. De leur côté, les pouvoirs publics prennent soin d'éviter tout désaccord profond. « J'ai souhaité que l'ensemble des acteurs concernés puissent exprimer leur avis et leurs doutes », signalait Éric Besson le 4 mai en lançant le comité de suivi. Le ministre de l'Industrie a certes réuni autour d'une même table les fournisseurs d'énergie, les autorités concédantes, celles de régulation, les associations de consommateurs, les industriels... Ensemble, ils devront lever les dernières incertitudes sur le projet. Mais l'une d'entre elles s'annonce ardue : l'implication du consommateur. « Oui au compteur communicant, mais vouloir le généraliser à la hussarde n'a aucun sens », prévient Jean-Luc Dupont, président du Syndicat intercommunal d'énergie d'Indre-et-Loire (Sieil), qui a accueilli la partie « rurale » de l'expérimentation. La raison ? De la phase pilote, ERDF a tiré des retours d'expérience techniques : câbles mal rebranchés, disjoncteurs mal réglés... Mais le distributeur d'électricité a aussi « sous-estimé l'importance de la communication », reconnaît Marc Boillot, directeur stratégie et grands projets de l'entreprise. Sur ce constat, pour informer au mieux l'usager, ERDF a déployé « des ambassadeurs Linky sur les marchés », poursuit Marc Boillot. Pas sûr pourtant que cette initiative suffise à apprivoiser la réalité - très hétérogène - du terrain. Ainsi, le Sieil a interrogé les ménages ayant participé à la phase pilote en Indre-et-Loire. « Notre enquête montre qu'il y a eu une carence de pédagogie », dévoile Jean-Luc Dupont. Si l'expérimentation s'est globalement bien déroulée, 50 % des personnes interrogées indiquent tout de même ne pas avoir reçu d'explications détaillées sur le fonctionnement du compteur. Le Sieil l'explique par un temps de pose finalement supérieur aux prévisions. Le modèle économique du projet prévoit 30 minutes... en moyenne nationale. Mais d'une zone à l'autre - urbaine ou rurale - de grandes disparités sont apparues. En Indre-et-Loire, le temps de pose du compteur aurait parfois atteint 45, voire 60 minutes. Les installateurs en retard dans leurs interventions auraient, selon le Sieil, négligé l'information des usagers. Au final, en Indre-et-Loire, 61 % des ménages concernés considèrent le compteur communicant sans intérêt ou peu utile. L'appétence pour Linky varie même grandement avec l'âge. Chez les moins de 27 ans, 64 % jugent le compteur assez ou très utile. Contre seulement 36 % chez les 51 à 67 ans. Le consommateur a pourtant été replacé au coeur du projet. Car la maîtrise de l'énergie s'est imposée comme « l'une des questions centrales, largement évoquée en comité de suivi », témoigne Pierre-Franck Chevet, directeur général de la DGEC (Direction générale de l'énergie et du climat). Et sur ce point, difficile de faire sans l'usager. Pour l'impliquer, nombre de questions restent en suspens. « Comment lui donner accès à une information, surtout quand le compteur n'est pas accessible ? », interroge Pierre-Franck Chevet. Quel type d'information ? Avec quelle fréquence ? Sur quel support ? Faut-il uniformiser l'offre ? Qui doit s'en charger ? Selon quel modèle économique ? Les inconnues demeurent. D'après les études déjà réalisées, le mode de transmission de l'information est un critère non négligeable. Le rapport de l'Ademe, paru en mars, le confirme : tandis que l'envoi régulier d'un relevé engendre un gain de 4,6 % sur la consommation, l'affichage en temps réel sur un écran pourrait générer jusqu'à 11 % d'économies. Avec un bémol : « Une expérience menée en Australie a ainsi montré, chez les consommateurs bénéficiant d'un affichage dans leur logement, une baisse effective de consommation de 10 % pendant les deux premiers mois. Celle-ci s'est pourtant réduite à 5 % les quatre mois suivants, pour un retour à la situation de départ au bout de six mois », signale l'Ademe. Le facteur humain semble décidément insaisissable.


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