Comme un symbole, c'est le compteur communicant qui a ouvert le premier salon français sur les réseaux électriques intelligents. L'événement s'est tenu à Paris, du 24 au 26 mai. « Linky est la première brique du smart grid visible pour le consommateur. Une opportunité majeure », a lancé en guise d'introduction Pierre-Franck Chevet, directeur de la DGEC, direction générale de l'Énergie et du Climat. Certes, le gouvernement n'a pas (encore) décrété le déploiement national du compteur. Mais les services de l'État se projettent déjà sur l'après-déploiement : « L'enjeu à venir, notamment via les démonstrateurs, est de voir ce que l'on pourra greffer autour du compteur, de tester les usages et les services », signale Pierre-Franck Chevet. Mais pour l'heure, force est de constater que les parties prenantes avancent à tâtons. D'abord car les spécificités définitives des compteurs dépendent de services de maîtrise de l'énergie encore inconnus. Alors que les compteurs devront fonctionner pendant vingt ans, « un service est obsolète au bout de dix-huit mois », note Martine Gouriet, directrice générale d'Edelia, filiale d'EDF spécialisée dans la gestion de l'énergie. Traduction : dans les prochaines années, les compteurs pourraient avoir à transmettre davantage d'informations qu'aujourd'hui envisagé. D'où le besoin « d'avoir des réserves de capacités de communication », insiste Gilles Fouche, responsable stratégie produit chez Sagemcom... qui met en avant sa technologie de communication CPL G3. Pour se prémunir de mauvaises surprises, l'interopérabilité des appareils est la règle d'or prévue dans le projet Linky. Mais cet argument ne fait pas totalement consensus. « La standardisation est un vrai problème. Il y aura toujours différents protocoles de communication », estime Thierry Allard, président du pôle de compétitivité S2E2. Pour l'instant, « les efforts ont surtout porté du côté du réseau », nuance David Mayne, responsable du développement des affaires de Digi International. Moins sur l'aval du compteur, dans les foyers, où tout reste à faire. C'est le marché sur lequel Digi positionne ses technologies de communication machine-to-machine. Les préparatifs de l'après-Linky, en tout cas, attisent les convoitises.