Fruit du partenariat entre le CEA-Leti de Grenoble et le Caltech de Californie, Apix Technology fabrique des systèmes miniaturisés d'analyse de mélange gazeux, servant de nez artificiels. « Nous avons adapté, à l'échelle nanométrique, une architecture macroscopique existante, reposant sur la séparation et la détection de gaz par des capteurs universels sensibles à différents gaz », précise Philippe Andreucci, ingénieur de recherches au CEA. Les gaz sont séparés par le passage dans une colonne de chromatographie. À leur sortie, ils sont captés par des détecteurs nanoélectromécaniques fixés sur une puce de silicium. D'ordinaire, le système nanoélectromécanique (NEMS) peut vibrer et émettre un signal à une fréquence propre, directement reliée à sa masse. Or, lorsque les molécules de gaz se déposent à la surface de la puce, son poids augmente, ce qui modifie la fréquence de vibration et constitue un signal. « La détection des gaz s'accommode très bien de la miniaturisation de taille des instruments, qui augmente les performances de détection jusqu'aux parties par milliard (ppb), rend le système très compact et économique en termes de coût », explique Philippe Andreucci. Les applications : monitoring de procédés industriels, hygiène et sécurité industrielle, tests de qualité de l'air, détection et mesure des gaz issus de sols pollués. Plusieurs millions d'euros ont été nécessaires pour arriver à stabiliser le procédé, qui en est au stade de l'ingénierie et du développement. Une start-up franco-américaine devrait être créée en septembre pour commercialiser cette technologie.