« L'efficacité énergétique demande les efforts individuels de tous, a lancé, le 22 juin, Anne Houtman, chef de la représentation française de l'Union européenne. Il ne peut pas y avoir de passagers clandestins. » Ce jour-là, la Commission européenne présentait son projet de directive sur l'efficacité énergétique, qu'elle espère faire adopter avant la fin 2012. Puis transposer dans les États l'année suivante. La cible est connue : réduire de 20 %, en 2020, la consommation d'énergie des Vingt-sept. Mais Bruxelles peine à mobiliser : « En avril, les États membres ont dû déclarer des objectifs indicatifs. La somme de ce que nous avons reçu atteint seulement 14 % », dévoile Vincent Berrutto, chef de l'unité efficacité énergétique de l'AECI (Agence exécutive pour la compétitivité et l'innovation), qui dépend de la direction Énergie de la Commission. Avec son projet de directive, Bruxelles tente d'aller plus loin, mais tâtonne entre contrainte et laisser-faire. « La proposition contient trop de failles, a déploré par communiqué Claude Turmes, eurodéputé luxembourgeois du groupe des Verts-ALE. La plus grande étant bien évidemment que l'objectif de 20 % n'est toujours pas contraignant. » La faute, selon la Commission, aux États membres, majoritairement opposés à des ambitions qui ne seront assouvies qu'avec la mobilisation d'une multitude d'acteurs publics, privés, particuliers... En guise de compromis, Bruxelles propose donc de fixer des objectifs contraignants par secteur (public, industriel...), et non nationaux. L'avantage ? « Les opérations qui marchent sont celles qui s'inscrivent dans la stratégie des acteurs économiques », juge Virginie Schwarz, directrice exécutive des programmes de l'Ademe. Premier bémol, les transports ne sont pas concernés. Ils font l'objet de leur propre Livre blanc. C'est pourtant « le secteur dont la consommation augmente le plus », concède Vincent Berrutto. Pour les autres, « le diable se cache dans les détails. Nous n'avons pas tous les mêmes modalités de calcul », se méfie Virginie Schwarz. Le chemin semble encore bien long.