Une lueur sociale et environnementale a scintillé dans le tumulte macro-économique. En plein doute sur l'avenir de la zone euro, suscité notamment par la crise grecque, les États généraux de l'économie sociale et solidaire (ESS) se sont tenus du 17 au 19 juin. L'événement a montré combien l'ESS n'était plus restreinte à quelques mouvements militants. En lever de rideau, c'est le règne du tout PIB qui a été remis en cause... par des expérimentations concrètes. « Nous avions besoin d'indicateurs qui parlent aux habitants et qui servent aux décideurs politiques et économiques », a témoigné Fabienne Renaud, conseillère régionale des Pays de la Loire. Sa région a organisé des débats qui ont réuni 2000 personnes. Leur synthèse sera finalisée en septembre, pour ensuite élaborer des indicateurs de richesse fondés sur les aspirations des administrés. Une démarche encore plus avancée dans le Nord-Pas-de-Calais, qui a déjà retenu cinq indicateurs : l'empreinte écologique, l'indice de développent humain de l'Onu, le baromètre de la pauvreté BIP 40, la parité homme-femme et un indicateur de lien social. Ces outils offrent déjà des éléments de contexte pour les décisions prises dans le cadre « du schéma régional d'aménagement et du développement territorial, et de l'Agenda 21 », précise Grégory Marlier, chargé de mission au conseil régional. Symbole du mariage entre économie, environnement et social, les monnaies complémentaires ont enrichi le débat. A Toulouse, « le 6 mai, a été officiellement lancé » une monnaie locale, a illustré Jean-Paul Pla, adjoint au maire de la Ville rose. Un début de relocalisation des échanges commerciaux ?