La baisse, un peu partout dans le monde, des subventions accordées à l'électricité solaire a finalement du bon. En compliquant le montage financier des centrales photovoltaïques, et en obligeant les développeurs de projets à se fournir aux meilleurs prix, le phénomène a accentué la pression sur les fabricants de composants (cellules, panneaux...), entraînant la baisse du prix des équipements. Selon une étude de Bloomberg New Energy Finance, le prix du silicium solaire, matériaux de base de l'industrie, a chuté de 28 % en juin. Le prix des cellules a chuté de 15 %. Celui des modules a plié de 6,5 %. À cela, s'ajoutent les progrès technologiques, industriels et les gains de productivité engendrés par la hausse des volumes. Selon la troisième étude annuelle du fabricant de semi-conducteurs américain Applied Materials, le coût d'un panneau solaire photovoltaïque a ainsi chuté de 70 % depuis 2008. Selon ce groupe, le coût total est passé de 4 dollars par watt à 1,25 dollar. Et pourrait tomber à 1 dollar d'ici à deux ans.
Conséquence : exorbitante il y a encore quelques années, l'électricité solaire a gagné en rentabilité. Selon Applied Materials, depuis 2011, grâce aux baisses de prix du matériel et à la hausse des cours du pétrole, l'électricité produite à partir du soleil ne coûte pas plus cher que celle issue des énergies traditionnelles. Cela dans 19 États à travers le monde, dont l'Italie, l'Espagne, le Brésil et la Californie. En 2020, 100 pays devraient se trouver dans la même situation, représentant 98 % de la population mondiale, 99,7 % du PIB et 99,2 % des émissions de CO2 générées par les centrales électriques. Cette tendance de baisse des prix devrait avoir une deuxième conséquence. Les industriels les plus petits, ou ceux qui n'arrivent pas à adapter leurs coûts de fabrication, pourraient disparaître. Ou se faire racheter par des plus gros, dont les volumes de production permettent de dégager des économies d'échelle suffisantes. L'industrialisation du solaire photovoltaïque est véritablement en marche.