S'il avait déjà bénéficié d'aides indirectes, via subventions ou crédit impôt recherche, jamais Soitec n'avait reçu un soutien aussi affiché de l'État. Le Fonds stratégique d'investissement (FSI), bras financier de l'État, va devenir actionnaire du fabricant de plaques de silicium. À hauteur de 2,74 % pour l'instant, mais le FSI pourrait augmenter par la suite sa participation. Cette entrée se fera à l'occasion d'une augmentation de capital de 150 millions d'euros destinée à financer les investissements de Soitec dans le solaire à concentration. Présent sur ce marché depuis fin 2009, grâce au rachat de la société allemande Concentrix, le groupe implanté près de Grenoble prévoit d'investir 250 millions d'euros sur plusieurs années. Dont 100 millions au cours de l'exercice 2011-2012. Un investissement rendu nécessaire par le gain d'un contrat de 350 millions de dollars pour la construction d'une ferme solaire en Californie (voir notre numéro 90). Ses capacités de production, destinées initialement à la fabrication de plaques de silicium pour les microprocesseurs, ne suffisent pas à absorber cette nouvelle demande. Le groupe devrait disposer, à terme, d'une capacité de production de 200 MW en Californie et de 80 MW en Allemagne. Ce programme de montée en puissance nécessite près de 130 millions d'euros d'investissement. Les nouveaux fonds aideront aussi à la mise en place d'une ligne pilote en France destinée au développement d'une cellule solaire à haut rendement et qui pourrait servir aux efforts de développement dans l'éclairage led. Un investissement estimé à environ 60 millions d'euros. Enfin, Soitec n'exclut pas de réaliser de nouvelles acquisitions. La probabilité est grande. Le plan d'investissement dans le solaire est arrêté depuis quelques mois déjà. Et la société, qui génère 40 à 50 millions d'euros de trésorerie chaque année, disposait de 270 millions d'euros de liquidités dans ses caisses au début de l'année. La levée de fonds de 150 millions d'euros procure ainsi à Soitec une marge de manoeuvre estimée à plus de 100 millions d'euros pour financer des acquisitions dans les mois qui viennent, alors que le marché du solaire à concentration est encore très fragmenté.