La filière photovoltaïque découvre peu à peu les règles du jeu de son nouveau cadre réglementaire. « Un environnement très mouvant », juge Guy Auger, directeur général de l'ingénieriste Eolfi. « Un peu une loterie. » Début août, le gouvernement a publié le cahier des charges pour les installations de 100 à 250 kilowatts (kW). Rendez-vous est pris pour 2012. La première période de candidature court jusqu'à janvier, avec un objectif de 120 mégawatts (MW). Les six suivantes s'enchaîneront jusqu'à la mi-2013 avec, pour chacune, une cible de 30 MW. Sans attendre, les acteurs adaptent, autant que possible, leurs stratégies. Eolfi a officialisé la création d'une filiale commune avec RFF : Airefsol Energies. Eolfi apportera son savoir-faire d'ingénieriste, et RFF un patrimoine foncier de 103 000 hectares. L'objectif initial est d'installer 100 MW « en quatre à cinq ans », prévoit Guy Auger. Pour l'instant, seuls les principes de gouvernance de la filiale sont établis. Les détails sur la mise en oeuvre des projets dépendront de la réalité des appels d'offres. Airefsol se prépare pour la deuxième période, à partir d'avril. Une date à laquelle Seripress NE compte, lui, avoir démarré une usine de cellules solaires à Bulgnéville (88). Le spécialiste du pressage de CD et DVD veut se reconvertir dans le photovoltaïque. Il engage un investissement de 30 millions d'euros pour construire, à partir de cet automne, sa nouvelle unité avec l'équipementier allemand Singulus Stangl Solare. « Brevetée, la technologie retenue, au silicium cristallin, confère aux cellules un rendement de 19 à 23 % », assure Francis Frainais, président de Seripress, qui vise le marché des assembleurs européens. L'industriel prévoit de fournir pour 70 MW de cellules par an, dès 2012. Reste à savoir si le secteur aura, l'année prochaine, gagné en stabilité.