Réorganisation partielle de la direction. Cessions d'actifs. Nouvelles réductions des coûts. Arrivé fin 2009 à la tête de Veolia Environnement à la place d'Henri Proglio, Antoine Frérot a lancé une opération vérité sur l'état de santé du groupe de distribution d'eau et de gestion des déchets. Veolia affiche en effet une perte nette de 67,2 millions d'euros au premier semestre, contre un bénéfice de 374 millions un an auparavant. Aussi, finie la stratégie de croissance. Le groupe veut concentrer ses activités sur moins de 40 pays d'ici à 2013, contre 77 aujourd'hui. « Nous aurons, c'est vrai, un groupe plus petit dans un an et demi. Plus petit mais, je pense, plus rentable », espère Antoine Frérot. Le détail des actifs à vendre n'est pas révélé, mais une grande partie devrait se situer en Europe du Sud, là où le groupe souffre le plus. Il y a quelques mois, Veolia prévoyait déjà de vendre, à l'horizon 2013, pour 4 milliards d'euros d'actifs, contre 2,5 milliards sur la période 2009-2010. Le chiffre devrait être largement dépassé. Le groupe compte aussi économiser 150 millions d'euros en 2013, et 250 à 300 millions en 2015, en complément de son plan d'efficacité annuel d'au moins 250 millions. Ce programme sera piloté par Denis Gasquet, remplacé à la tête de la division Propreté par Jérôme Le Conte. Ce plan a provoqué un vrai choc et soulève des interrogations. Avec le ralentissement économique mondial, notamment dans la zone euro, Veolia ne peut pas miser sur une accélération de son activité déchets. Et dans l'eau, les contrats se renégocient souvent à la baisse. « Le principal moteur de l'amélioration des résultats sur 2012-2013 reposera essentiellement sur le nouveau plan d'économie », indique le courtier Raymond James. Une perspective trop limitée pour les investisseurs. Du coup, le cours de Bourse s'est effondré de 40 % en un mois. Le groupe ne vaut plus que 5,3 milliards d'euros, soit 500 millions de moins que son grand rival Suez Environnement, dont le chiffre d'affaires est pourtant deux fois et demie inférieur. La valeur du groupe est peu « rationnelle, reconnaît un analyste, mais reflète une perte de confiance dans le management et de visibilité dans la croissance future ».