Dans les métiers « verts », à quels obstacles ont fait face les emplo-yeurs pour leurs recrutements ?
40 % des entreprises avouent avoir rencontré des difficultés liées à l'absence de candidats ou à leur manque d'expérience, et 21 % n'ont pas pourvu l'ensemble des postes offerts. Nous notons que le principal motif d'embauche est le développement de l'activité et que 58 % des entreprises envisagent de nouveaux recrutements. Plus de la moitié jugent indispensable ou important que les candidats soient formés aux exigences environnementales de leur métier.
Certains secteurs sont-ils plus dynamiques que d'autres ?
Les secteurs les plus dynamiques sont la construction, les métiers du transport et de la logistique, ainsi que la gestion des déchets et du recyclage. Il existe aussi quelques signaux positifs dans l'agriculture et la sylviculture. En revanche, du fait du contexte réglementaire, le solaire -photovoltaïque en particulier - très dynamique en 2010 a diminué ses recrutements.
Quelles sont les caractéristiques des demandeurs d'emplois verts ?
L'étude a confirmé les difficultés de trouver un emploi dans les secteurs verts traditionnels, comme les métiers de la nature, par exemple. Seule l'industrie du recyclage fait exception. En revanche, il est intéressant de constater que les demandeurs d'emploi considèrent, à 73 %, que le développement durable impacte leur métier. Et ils ont conscience, à 64 %, que disposer de compétences en la matière constitue un atout à l'embauche.
Comment faciliter les transferts de compétence d'un secteur à l'autre ?
C'est à l'échelon du territoire qu'il faut acquérir une connaissance fine des entreprises et de leurs activités, des marchés qui s'ouvrent et de l'effet de la commande publique. Les échanges entre acteurs locaux doivent permettre une meilleure gestion prévisionnelle des emplois et des compétences territoriales. Ainsi, Pôle emploi a démarré en juin dans les régions Paca et Lorraine une expérimentation. Elle vise à orienter les demandeurs d'emplois venus de tous horizons professionnels vers les métiers des secteurs eau-assainissement, déchets et air. Avec pour résultat l'embauche d'un quart d'entre eux. Sur les nouveaux métiers, nous travaillons particulièrement sur la formation. Ainsi en 2010, alors que nous avions fixé à 5 % de l'enveloppe globale consacrée à l'achat de formations la part réservée à l'économie verte, nous y avons finalement consacré 16,5 %. Avec la difficulté de trouver une offre de formation adaptée, sérieuse et de résoudre pour des formations rares les problèmes de financement et de logistique. Nous publierons en fin d'année une étude sur les demandeurs d'emploi qui ont bénéficié de formations et sur ce qu'ils deviennent.
Quelles actions déploierez-vous en 2011-2012 ?
Pôle emploi va mettre des moyens financiers supplémentaires pour mieux accompagner le transfert des compétences sur les métiers de l'économie verte.
Et désormais toutes les conventions pluriannuelles que nous signons avec les branches professionnelles, récemment la Capeb et bientôt Federec, prévoient des dispositions d'accompagnement vers les métiers de l'économie verte et des échanges réguliers sur les métiers et les besoins.