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Vers une filière industrielle

LA RÉDACTION, LE 12 SEPTEMBRE 2011
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Le 31 août, l'hydrolienne d'EDF a effectué sa première sortir en mer. À Bréhat (22), elle doit être expérimentée par 35 m de fond. Cette machine, d'une hauteur de 20 m pour un poids de 1 000 tonnes, doit délivrer une puissance de 500 kilowatts grâce à une turbine de 16 m de diamètre. Les nouveaux paramètres à appréhender sont nombreux : sécurité, état de la mer, performances... L'objectif de ce test grandeur nature, qui va durer deux mois, est de vérifier à la fois les paramètres techniques et environnementaux, avant l'installation du parc de quatre hydroliennes raccordées au réseau, d'ici à l'automne 2012, pour alimenter deux à trois mille foyers. Un câble sous-marin de 15 km sera alors relié au poste de livraison de Launay à Ploubalzanec (22), dont la construction commence en octobre. Côté technique, « nous allons vérifier les performances, la tenue mécanique et mesurer les vitesses de courant dans l'environnement direct de l'hydrolienne afin d'affiner, et peut-être de recalibrer, nos modèles mathématiques », explique Cyril Abonnel, chargé de mission énergies marines à EDF. Côté environnement, le chargé de mission souligne que la machine tiendra au sol par son propre poids et ne nécessite donc pas d'ancrage ou de forage. Le tripode occupe une surface de 20 m². Son centre évidé et sa vitesse de rotation limitée à 8 tours/minutes pour éviter les variations de pression autorisent le passage des poissons. « Nous avons travaillé en partenariat avec tous les usagers, notamment les pêcheurs, avec lesquels nous avons signé une convention. Au total, les mesures compensatoires s'élèvent à 1,36 million d'euros. » Ce test doit permettre d'affiner le protocole de suivi environnemental, mais aussi de définir la distance minimale entre les machines. L'espace disponible sur le site de Bréhat-Paimpol est de 300 m². La puissance installée par km² est estimée à 30 mégawatts (MW). À ce jour, la plus grande interrogation n'est pas d'ordre technique, mais économique. « Il faut parvenir à produire ces hydroliennes à un coût raisonnable et compétitif. Cette expérimentation va donc permettre de mieux connaître les coûts réels en phase d'exploitation, notamment pour la maintenance qui sera sous-marine. » Le but est d'arriver à un coût similaire à celui de l'éolien marin. L'objectif final est de structurer une véritable filière industrielle. D'ores et déjà, DCNS a assemblé l'hydrolienne et pris une participation dans OpenHydro à hauteur de 8 %, soit 14 millions d'euros. OpenHydro, société irlandaise, a réalisé la turbine et a confié à DCNS la fabrication des pales en résine, la réalisation du tripode et l'assemblage des composants. « L'ensemble de la sous-traitance est française », assure Cyril Abonnel. La barge de transport, par exemple, a été fabriquée à Lorient, chez STX. D'un budget total de 40 millions d'euros, le projet bénéficie du soutien du Feder (3,6 millions), de la Région Bretagne (3,1 millions) et de l'Ademe (0,5 million). Le reste est à la charge d'EDF. Par la suite, Paimpol-Bréhat aurait vocation à devenir le site d'essai national pour tester différents démonstrateurs. EDF ne compte pas s'arrêter là et étudie la faisabilité d'un second projet d'une puissance de 5 MW au Raz Blanchard (Manche), où les courants marins atteignent 12 à 15 m/s, contre 6 à 8 m/s à Bréhat. À l'horizon 2020, la capacité installée pourrait atteindre 200 MW de puissance, soit cent fois la puissance du futur parc de Paimpol-Bréhat et donc 400 hydroliennes. À terme, l'énergie produite par les hydroliennes en France pourrait représenter deux à trois gigawatts, soit l'équivalent de deux EPR. EDF n'est pas seul sur ce créneau. À noter qu'une première hydrolienne, conçue par l'entreprise bretonne Sabella, a été testée dès 2008 dans l'estuaire de l'Odet (29). Avec une technologie de 0,5 MW, son nouveau projet Eussabella prévoit d'alimenter Ouessant en partie dès la fin de l'année et totalement d'ici à 2015. Avec une ferme de quatre hydroliennes couplée à une unité de stockage d'énergie (lire EMC n° 94).


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