L'un des principaux producteurs et distributeurs suisses d'hydroélectricité, BKW FMB Energie (BKW), affiche ses ambitions en France. Ouverte en avril, sa filiale tricolore n'est encore qu'une entité purement juridique. Mais le groupe vise l'acquisition dans l'Hexagone d'une puissance d'environ 300 mégawatts (MW) d'ici à 2020, grâce au renouvellement des concessions et à des acquisitions de petites capacités. Cette cible ne représente que 5,6 % des 5,3 gigawatts concernés par la mise en concurrence des concessions fixée par l'État d'ici à 2015, mais c'est plus de 20 % de la production hydroélectrique actuelle de BKW. « Nous visons des installations allant de 1 à 200 MW. Sur les petites capacités, nous sommes intéressés à la fois par les centrales vendues par des exploitants privés et par le développement de projets sur des sites encore non exploités », précise Arnold Trümpi, directeur d'Hydro France, l'équipe projet formée pour préparer l'arrivée de BKW sur le marché français. Le groupe pensait entamer ses acquisitions grâce à un contrat signé fin janvier avec le fabricant d'aciers spéciaux Ascometal. Il concernait l'achat du groupe de centrales hydroélectriques d'Allevard dans les Alpes françaises pour une puissance totale de 30 MW. Début août, la préfecture de l'Isère a rejeté le transfert de concession à BKW, invoquant le fait que la concession existante n'autorise pas l'exploitation commerciale de l'énergie produite. Le groupe suisse n'a pas encore décidé de la suite à donner à cette affaire « Mais ce n'est pas un échec », considère Arnold Trümpi. « Nous avons progressé sur notre connaissance de l'administration française. »