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L'Allemagne surpasse la France

LA RÉDACTION, LE 26 SEPTEMBRE 2011
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Avec l'arrêt annoncé du nucléaire outre-Rhin, le monde de l'énergie a les yeux rivés sur l'Allemagne. Le 20 septembre, le ministre de l'Énergie Éric Besson a rencontré ses homologues européens pour une réunion sur les conséquences continentales des politiques nationales. France et Allemagne ont notamment plaidé pour la création d'un groupe de coordination européen sur l'électricité. « La France et l'Allemagne ont toujours été des moteurs de la construction européenne. Je me réjouis qu'il en soit de même dans le secteur de l'énergie », a commenté Éric Besson. Il pourra approfondir le sujet avec le rapport de l'association Global Chance publié le jour même. Cette étude comparative des politiques énergétiques menées depuis vingt ans balaie les préjugés opposant une « France propre et indépendante » grâce au nucléaire, à une « Allemagne arc-boutée sur le charbon, aux voitures et à l'industrie puissantes et énergivores ». Intitulée « L'énergie en Allemagne et en France, une comparaison instructive », l'étude a été réalisée avec l'Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). Son constat : les émissions de CO2 par habitant en l'Allemagne restent certes nettement supérieures - de 60 % - aux françaises. Mais l'Allemagne a créé une vraie dynamique et a dépassé la France dans plusieurs secteurs. L'industrie allemande a ainsi accru sa performance CO2 de 19 %, contre 16 % pour la France. Autre exemple, les émissions de CO2 par habitant dues au transport ont diminué plus rapidement en Allemagne qu'en France. Alors qu'en 1991 elles étaient 4 % plus fortes, « elles leur sont de 4 % inférieures en 2009 ». Pour les émissions de méthane, l'effet de rattrapage est encore plus impressionnant. Les émissions allemandes étaient supérieures de 40 % aux françaises en 1991. Puis finalement inférieures de 27 % en 2007. C'est la conséquence d'une « politique volontariste de récupération du méthane des ordures ménagères et des déchets agricoles », pointe le rapport. Cette performance de l'Allemagne pourrait contribuer à une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre pour une part estimée à 0,64 tonnes par habitant à l'horizon 2017 et 2,19 tonnes à l'horizon 2027. Entre les deux pays, le contraste est encore plus frappant sur les énergies renouvelables. Dans la biomasse, la production était en 1991 trois fois plus faible en Allemagne qu'en France : 4,6 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) contre 12,6. Elle l'a dépassée : 25 Mtep en 2008, contre 14,6 pour l'Hexagone. Près de 15 Mtep redevables à cette source y sont consacrés à la production d'électricité, contre seulement 2,2 Mtep en France. De même, la production tricolore de biogaz atteint péniblement 0,5 Mtep, contre 4 outre-Rhin. « En France, la production d'énergie renouvelable reste dominée par sa production historique hydraulique, qui ne progresse plus », assène l'étude. Dans l'éolien, la suprématie allemande ne souffre d'aucune contestation : 26 gigawatts (GW) installés, contre 4,5 en France. Ni dans le photovoltaïque : 10 GW contre 0,3 GW. Les auteurs du rapport justifient ces écarts par « la cohérence et la continuité des politiques publiques allemandes de soutien à l'électricité renouvelable, considérée comme une activité industrielle et commerciale à part entière ». Par la même occasion, cet exercice de comparaison « souligne en creux les faiblesses de la politique française ». L'Allemagne a fait du renouvelable un pilier de sa stratégie économique. « Elle a réussi à mettre en place un cadre réglementaire stable, continu. Elle s'est appuyée sur ses propres compétences industrielles, comblant ainsi l'avantage du premier entrant que détenait en Europe le Danemark, et sur son savoir-faire à l'export pour ouvrir de nouveaux marchés au tissu industriel qui se formait », juge Céline Marcy, chercheur à l'Iddri. Si l'Allemagne annonce sortir du nucléaire, ce n'est pas le fruit du hasard.


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