Linky, c'est parti ! Le 28 septembre, Éric Besson a officialisé la décision du gouvernement de généraliser en France le compteur électrique communicant. Son déploiement par ERDF répondra « à une stratégie et à un rythme qui seront définis en concertation », a assuré Michèle Bellon, président du directoire du distributeur d'électricité. Le défi : installer trente-cinq millions de compteurs d'ici à 2020. Le premier appel d'offres porterait sur sept millions d'exemplaires pour un déploiement à partir de 2013. Mais, avant cela, un arrêté est nécessaire pour préciser les spécifications techniques du compteur. Ensuite, le comité de suivi, lancé en mai par le ministre de l'Énergie, poursuivra son travail d'échanges entre les parties prenantes. Car concrètement, nombre d'inconnues restent à lever. « Je tiens à ce que ce comité travaille en priorité sur les services à développer dans l'habitat, a pointé Éric Besson. Il s'agira aussi de s'assurer que les recommandations de la Cnil sur le respect de la confidentialité des données sont parfaitement mises en oeuvre. » Le ministre de l'Énergie s'est évertué à convaincre de l'intérêt du compteur pour le consommateur. En guise de garantie, l'Union française de l'électricité (UFE) a présenté la charte d'engagements des fournisseurs. L'usager devrait ainsi pouvoir accéder à deux ans d'historique mensuel de sa consommation, se comparer à des profils types, recevoir une alerte en cas de dépassement d'un seuil fixé par lui-même... « Nous ferons des propositions pour le traitement de la précarité énergétique », ajoute Jean-François Raux, délégué général de l'UFE. Reste à savoir jusqu'où ira la gratuité des services. Au-delà du simple accès aux données, l'assistance pour réduire sa consommation sera-t-elle payante ? La charte évoque un conseil tarifaire gratuit « pour ajuster l'offre en fonction de la consommation ». Pour le reste, les fournisseurs eux-mêmes reconnaissent avoir besoin de mener des essais. Le chemin de la maîtrise de l'énergie sera d'autant plus long qu'il faudra au préalable « un cadre réglementaire et régulatoire permettant à ERDF de financer le déploiement », a conclu Éric Besson. Une condition nécessaire pour qu'ERDF puisse réellement lancer son appel d'offres.