Groggy, mais combatif. Le photovoltaïque français a livré, le 27 octobre, les conclusions de ses États généraux. Cette initiative, lancée au printemps à l'issue du moratoire, a débouché sur une série de propositions (lire page 2). Autour des professionnels du secteur se sont réunis ONG, représentants des collectivités, du monde du bâtiment et des équipements électriques. Autant d'acteurs « capables, à l'image de nos voisins allemands, de chasser efficacement en meute », mobilise Loïc de Poix, président de l'Association des industriels du photovoltaïque français. Tous en sont convaincus : l'essor des bâtiments à énergie positive rendra, tôt ou tard, le photovoltaïque incontournable. D'autant que, selon la profession, son kilowattheure atteindra un prix compétitif, en moyenne en France, en 2016. L'heure est donc à l'union sacrée. « Nous allons vers une société bas carbone. Si un pilier est touché, tout l'édifice est ébranlé », alerte Alain Le Calvé, délégué général adjoint du Gimelec, le syndicat des fournisseurs de solutions électriques. « Les entreprises du bâtiment ont formé leurs équipes. Elles savent que ce marché va venir », abonde Daniel Guerin, président du groupement des métiers du photovoltaïque à la Fédération du bâtiment. Cette escouade multisectorielle veut sortir, après la prochaine élection présidentielle, le photovoltaïque de sa phase d'amorçage. « Ce n'est plus une petite curiosité, mais un secteur industriel », argue Gaëtan Masson. Economiste à l'Association européenne de l'industrie photovoltaïque, il évalue entre 50 et 80 milliards d'euros le chiffre d'affaires mondial du secteur en 2015. Pour prendre part au festin, les Français réclament donc aux politiques un nouveau cadre réglementaire, « un pacte de confiance pour structurer une offre stable et visible pour les assureurs, maîtres d'ouvrage, banquiers », demande Germain Gouranton, vice-président de l'association Enerplan. Avec l'ambition de bâtir une industrie exportatrice. « Nous voulons aider à rééquilibrer la balance commerciale française », lance Loïc de Poix. Et, pour y parvenir, embaucher. Un message sibyllin avant une année électorale.