Alstom accélère progressivement dans les énergies renouvelables. Arrivé tardivement sur ce marché, et nettement moins puissant que ses concurrents Siemens ou General Electric, le Français met en place son outil industriel et sa gamme de machines. Il a inauguré à Nantes son nouveau département de recherche en énergie hydrolienne, dont la technologie est licenciée du canadien Clean Current Power Systems. Il prévoit aussi de déployer une nouvelle génération de turbines bidirectionnelles sous-marines. La première doit être immergée en 2012. Mais surtout, s'il décroche une partie du contrat lancé par le gouvernement français sur l'éolien offshore, Alstom franchirait une étape encore plus marquée. Il prévoit ainsi d'installer deux sites de production de composants et d'assemblage d'éoliennes à Saint-Nazaire et à Cherbourg. Le montant de l'investissement pourrait monter jusqu'à 100 millions d'euros et il pourrait créer plus de 1 000 emplois directs. Alstom concourt aux côtés d'EDF Énergies nouvelles, avec l'appui de Dong Energy, Nass & Wind Offshore, Poweo ENR et WPD Offshore. Pour remporter une grande partie de ce contrat géant de 6 000 mégawatts (MW), la direction d'Alstom rappelle qu'elle développe actuellement une machine éolienne offshore d'une puissance de 6 MW. La phase de test des prototypes va débuter et s'étendra tout au long de l'année 2012. Objectif : lancer des pré-séries en 2013 et une production standardisée dès 2014. Petit à petit, Alstom se fait sa place. Au premier semestre de l'exercice 2011-2012, son activité renouvelable a dégagé un chiffre d'affaires d'un milliard d'euros, contre 824 millions d'euros un an plus tôt. Sa marge opérationnelle a légèrement décliné à 7,3 %, contre 9 % un an auparavant. Mais la croissance devrait s'accélérer. En six mois, les commandes de ce secteur ont atteint un peu plus d'un milliard d'euros, en hausse de 32 % comparé à l'année dernière, principalement grâce au dynamisme de la région sud-américaine (+41 %). Avant, peut-être, que le contrat offshore français vienne gonfler les commandes en provenance d'Europe.