Pour la première fois, le salon Pollutec Horizons, qui se déroule du 29 novembre au 2 décembre, débute par un événement consacré aux « cleantechs ». Une journée de tables rondes et de rencontres d'affaires organisée par l'association Cleantuesday. Sur Pollutec, elle veut créer une passerelle « entre les acteurs traditionnels de l'environnement et ceux des cleantechs », présente David Dornbusch, son président. Derrière l'anglicisme cleantech, se cache une dynamique d'innovation sans précédent, que les géants de l'environnement et de l'énergie cherchent à appréhender. Technologies, usages, modèles économiques... « Les évolutions s'accélèrent. Il faut accepter de ne pas avoir toutes les solutions en interne », conseille Adrien Henry, directeur général de Blue Orange, un fonds de capital-risque de Suez Environnement. Comme lui, les grands groupes traqueront sur Pollutec de nouvelles idées auprès des start-up. Un exercice délicat tant, entre jeunes entreprises et acteurs historiques, le modèle de partenariat reste à inventer. À terme, « il s'agit de construire des filières industrielles », vise Vincent Schachter, directeur R & D de Total Gaz & énergies nouvelles. Mais l'évolution des écoactivités est « extrêmement rapide ». Et leur avenir reste incertain. « Difficile de prédire la vitesse d'intégration d'une nouvelle offre », abonde Fabienne Herlaut, présidente du fonds Écomobilité partenaires de la SNCF. Donc, de savoir combien investir et à quelle échéance. L'enjeu est pourtant de taille. Au lieu de vendre des commodités - du carburant - Total fournit désormais aussi du matériel, notamment photovoltaïque. Mais jusqu'où aller en aval de la chaîne de valeur et sur quelles technologies ? Dans les déchets, quels seront demain les modèles économiques des valorisations matière et énergie ? Autant d'incertitudes auxquelles s'ajoute l'arrivée probable de nouveaux acteurs. Et non des moindres. « Demain, la SNCF gérera-t-elle la tranche ferroviaire d'un trajet de bout en bout vendu par Google ? », interroge Fabienne Herlaut. Autant d'inconnues qui valent bien une journée d'échanges.