D'un côté, un acheteur. Séché Environnement est bien déterminé à exercer son option pour monter à 51 % au capital de la Saur. De l'autre, une direction, celle du numéro trois français de l'eau. Elle reste arc-boutée contre ce projet de reprise. Au milieu, le Fonds stratégique d'investissement (FSI), actionnaire majeur des deux entreprises. Censé se régler en 2012, le dossier de la réorganisation du capital de la Saur vire à l'imbroglio politico-financier. Le ministère de l'Économie est récemment intervenu pour tenter d'en dénouer les fils. Séché a déclenché un débat autour de la valorisation des 18 % qu'il peut racheter au FSI jusqu'en mai. Son prix a été fixé en 2008 à environ 177 millions d'euros. Or, Séché estime que ce montant est aujourd'hui trop élevé, compte tenu de la baisse des valorisations du secteur des services à l'environnement. De son côté, la direction du distributeur d'eau craint qu'un changement de contrôle entraîne une modification des contrats avec ses banques, ce qui pourrait alourdir encore un peu plus le fardeau de la dette, déjà difficilement supportable par la société. « Pour poursuivre son développement, la Saur a besoin de stabilité et de continuité dans la gouvernance. Les banques, avec lesquelles nous devrons prochainement négocier un refinancement le souhaitent également », ont écrit les dirigeants du groupe dans un courrier adressé au FSI, ajoutant sèchement que « les avantages initialement escomptés [d'une prise de contrôle par Séché] se révèlent chimériques ». Selon elle, les synergies entre l'eau et les métiers de Séché sont faibles. Le groupe de collecte et de traitement des déchets rétorque que Suez et Veolia sont justement organisés ainsi, avec une activité eau aux côtés de la propreté. Depuis sa reprise en 2007 par Séché (33 %), Axa Private Equity (17 %), le fonds Cube (12 %) et la Caisse des dépôts, qui a par la suite transféré au FSI sa part de 38 %, la Saur porte une dette estimée à plus de deux milliards d'euros. Elle doit être refinancée avant 2014. Un chantier qui s'annonce compliqué dans le contexte de crise actuel. D'où la nécessité de pacifier le plus tôt possible le capital et les relations.