Finie l'euphorie, place à la compétition. Il flottait comme un air d'incertitudes sur le salon Energaïa des énergies renouvelables, qui s'est déroulé à Montpellier du 7 au 9 décembre. C'était la première édition depuis le moratoire qui a douché la filière photovoltaïque. « Nous ne pouvons pas croire qu'il n'y aura pas d'autres événements », commente Isabelle Laurant, chef de produit solaire chez Schott Solar, pour qui la France reste toutefois un pays cible avec l'Italie et l'Espagne, derrière l'Allemagne, son territoire domestique. Reste que le nouveau cadre réglementaire limite drastiquement le marché français. « Le nouveau cadre assainit. Il y a moins de spéculation. Mais le marché est plus petit. La concurrence est accrue », constate Isabelle Laurant. Les grands acteurs font donc valoir leurs atouts. Canadian Solar souligne la qualité de ses produits pour se différencier de (certains) fabricants asiatiques installés quelques stands plus loin : « Le potentiel du marché français est énorme, juge Gregory Spanoudakis, son président. Les politiques gouvernementales doivent modifier leur manière d'appréhender le photovoltaïque. » À l'automne 2010, en arrivant sur le marché tricolore, Canadian Solar se préparait à investir dans une usine d'assemblage dans le sud de la France. Un projet différé. Le Canadien attend un revirement des politiques. D'ici là, il profite des marchés belges, luxembourgeois, hollandais... « Malgré les soubresauts que nous vivons, le solaire est une énergie d'avenir », est convaincu Jan Jacob Boom Wichers, directeur général de REC sur la France, le Benelux et le Royaume-Uni. Les turbulences feront néanmoins des victimes. « Tous les acteurs n'ont pas réalisé à temps les investissements pour avoir, aujourd'hui, un outil industriel concurrentiel », signale-t-il. Les appels d'offres français, notamment, insistent sur le critère prix. REC, lui, met en avant sa quête permanente de baisse des coûts. En particulier grâce à une stratégie fondée sur la technologie polycristalline, « dont les procédés de fabrication sont automatisables », justifie le directeur général de REC. Qui dit mieux ?