Si les risques associés à l'ingestion ou à l'inhalation de tel ou tel polluant sont relativement bien documentés, il n'existe encore rien sur l'exposition globale de l'homme aux différents polluants présents sur un territoire, et dans des milieux aussi différents que les sols, l'air ou l'eau. Combler ce manque est l'objectif de la plateforme « Plaine » élaborée par l'Ineris. « Cet outil permet de mettre en relation des données diverses : le cumul des expositions à des polluants de nature et de source différentes, des données sur le mode de vie comme l'autoconsommation des cultures du potager, ou le temps passé sur le territoire », explique Céline Boudet, responsable de l'unité impact sanitaire et exposition au sein de la direction des risques chroniques de l'Ineris. À la clé, une carte des risques. Et même deux : l'une signalant les doses journalières d'exposition (portant sur l'ingestion des polluants) et l'autre représentant la combinaison de l'exposition par inhalation et par ingestion. « Ce type d'approche est préconisé dans les études de zones, car elle permet d'identifier des "points noirs environnementaux" contre lesquels le PNSE2 veut lutter. C'est également une méthode d'optimisation des études d'investigation locales et de capitalisation des données », poursuit Céline Boudet. Pour l'instant, Plaine recense la présence de quatre polluants (nickel, cadmium, chrome, plomb) dans deux régions, le Nord Pas-de-Calais et la Picardie. Ce travail, mené dans le cadre d'une thèse par Julien Caudeville, a démontré la faisabilité de la plateforme, qui a nécessité de rendre compatibles plusieurs bases de données existantes. À l'avenir, ce travail doit être étendu à d'autres régions et à d'autres polluants.