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L'Europe va-t-elle devoir doubler ses investissements ?

LA RÉDACTION, LE 19 DÉCEMBRE 2011
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Est-ce parce qu'il compte 85 pages que le dernier rapport d'European Climate Foundation (ECF) a fait très peu parler de lui ? Publié en novembre à Bruxelles, l'ouvrage « Power perspectives 2030 : on the road to a decarbonised power sector in Europe » contient pourtant une information de poids : les investissements dans les réseaux électriques européens devront atteindre 1 200 milliards d'euros entre 2020 et 2030 pour aboutir à l'objectif d'une Europe décarbonée d'ici à 2050. Soit le double de la décennie précédente. « Alors qu'entre 2010 et 2030 les plans des opérateurs de réseaux sont généralement adaptés aux enjeux, d'importants investissements sont nécessaires à partir de 2020, afin de rentabiliser le système et éviter la saturation des réseaux », peut-on lire dans l'étude de la Fondation néerlandaise, créée en 2008 pour soutenir les politiques de réduction des gaz à effet de serre. Les nouvelles interconnexions entre réseaux seraient les principales responsables de cette inflation des chiffres. Notamment entre le sud du Royaume-Uni et l'Irlande, le nord-ouest et l'ouest de l'Allemagne, le sud-ouest de la France et le nord-est de l'Espagne. Le renchérissement du coût des réseaux est une conséquence logique du plan de la Commission pour l'efficacité énergétique. Présenté le 8 mars 2011, celui-ci évoque la nécessité de « renforcer le déploiement des réseaux et compteurs intelligents ». Dans sa feuille de route sur l'énergie, la Commission souligne le rôle clé des réseaux intelligents parmi les 270 milliards d'euros annuels qui devront être investis pour atteindre l'objectif de réduction de 80 % à 95 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050. Le problème, selon ECF, c'est que personne ne s'est intéressé au montant des investissements nécessaires après 2020. « L'Union européenne doit établir un cadre politique crédible et approprié pour assurer la mise en oeuvre des programmes en cours et ouvrir la voie à la décarbonisation du secteur électrique après 2020 », souligne l'étude, réalisée par des experts de McKinsey, Kema, du Collège impérial de Londres et du Regulatory assistance projet (RAP). « Le rapport d'ECF est une importante contribution au débat général sur l'énergie, mais la Commission ne peut prévoir ni les financements ni les instruments financiers potentiels sur la période 2020-2030, commente Nicole Bockstaller, porte-parole de la commissaire européenne à l'énergie. La Commission européenne a reconnu dans son plan le besoin d'investissements lourds dans les infrastructures européennes d'ici à 2020. Nous les estimons à 1000 milliards d'euros pour atteindre nos objectifs de politique énergétique et de réduction des gaz à effet de serre. Près de la moitié sera consacrée aux réseaux d'électricité et de gaz. » Le financement ? La Commission envisage de recourir à des emprunts obligataires. Côté français, difficile d'obtenir un avis sur les projections d'ECF : personne ou presque n'a pris connaissance du rapport. « Il est très difficile de se prononcer sans le regarder en détail, observe Jean-Michel Parrouffe, chef de service réseaux et énergies renouvelables à l'Ademe. Il faudrait aussi évaluer ce qui correspond à du renouvellement-mise à niveau d'anciennes lignes et les nouvelles infrastructures. Les chiffres apparaissent importants, mais tout est relatif dans le domaine de l'énergie. » RTE a évalué à un milliard d'euros les investissements nécessaires pour intégrer au réseau de transport électrique 20 000 MW supplémentaires en éolien et 5 400 MW de photovoltaïque d'ici à 2020, conformément au Grenelle de l'environnement et aux objectifs européens. Mais ce chiffre ne prend pas en compte les investissements à réaliser sur le réseau de distribution. En Allemagne, la banque d'investissement publique KFW a estimé qu'il faudrait 250 milliards pour réussir la transition énergétique du pays d'ici à 2020. « Tous ces chiffres qui circulent actuellement doivent être pris avec précaution », avertit Thierry Salomon, président de NégaWatt. Son association va d'ailleurs se pencher sur l'étude d'ECF. Et publiera prochainement ses conclusions détaillées.


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