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Mélanie Persem, directrice du bureau de coordination franco-allemand des énergies renouvelables.

LA RÉDACTION, LE 19 DÉCEMBRE 2011
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Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
La décision prise outre-Rhin est critiquée en France, y compris au plus haut sommet de l'État. Comment cette réaction est-elle perçue par les Allemands ? Ils ont du mal à la comprendre et, de leur côté, s'inquiètent des choix français. À quoi bon abandonner le nucléaire si des centrales restent en activité de l'autre côté de la frontière ? Les Allemands ont conscience que les enjeux ne sont pas les mêmes dans les deux pays : la technologie représente 23 % de leur électricité en 2010, contre 75 % en France. Mais ils ont l'impression que les Français ne font pas l'effort de réfléchir aux alternatives. Les alternatives justement. Quelles sont-elles en Allemagne ? Le gaz et le charbon ? Non, évidemment. De nouvelles centrales thermiques vont être raccordées au réseau, mais cela a été prévu bien avant Fukushima. C'est sur les énergies renouvelables que mise l'Allemagne. Elles ont atteint le seuil de 20 % de l'électricité produite au premier semestre 2011 et le chiffre devrait progressivement évoluer : 35 % en 2020, puis 50 % en 2030 et 80 % en 2050. Malgré le report annoncé en 2010, la sortie du nucléaire a été décidée dès 2000. C'est une décision très réfléchie. Les premières éoliennes modernes datent des années 70 en Allemagne. La première réglementation sur le sujet de 1991. Et la loi EEG votée en 2000 a été un véritable moteur de développement. Fixant des tarifs d'achat avantageux et dégressifs, obligeant les opérateurs à raccorder les nouveaux producteurs et à renforcer leur réseau, elle a été plusieurs fois remise à jour et a été imitée partout dans le monde. Enfin, n'oublions pas enfin que l'Allemagne est un exportateur net d'électricité. Elle va réduire ses exportations, ce qui explique d'ailleurs la réaction française. Quelles sont les technologies les plus prometteuses pour atteindre ce nouveau mix énergétique ? On mise beaucoup sur le photovoltaïque et sur l'éolien. L'éolien terrestre devrait par exemple produire 36 GW en 2020, selon les objectifs gouvernementaux, notamment grâce au « repowering », c'est-à-dire au remplacement des petites turbines par des modèles plus puissants, diminuant ainsi le nombre d'éoliennes et leur impact sur le paysage. Le potentiel de la technologie est, à terme, estimé à 198 GW. Plus récent puisque le premier projet est né en 2010, l'éolien offshore produit aujourd'hui 210 MW, une puissance qui devrait être portée à 10 GW en 2020 et 25 GW en 2030. À quel coût ? On pointe souvent du doigt le prix de l'électricité allemande... En 2010, il est de 24 ct/kWh pour les ménages contre 13 centimes en France. Mais tout le monde sait que le kilowattheure français est plus ou moins subventionné et que son prix va augmenter. Surtout, la part des ENR dans ces 24 centimes a beaucoup augmenté depuis 2005, mais elle plafonne aujourd'hui à 3,5 centimes. Les coûts de l'éolien terrestre vont diminuer de 27 % d'ici à 2020, ceux du photovoltaïque de 61 %. En outre, l'acceptabilité citoyenne de ce surcoût est très bonne. La politique de soutien aux ENR représente dix euros par mois et par foyer, un chiffre approuvé par 80 % des Allemands... Sachant que 25 % d'entre eux pensent même qu'il faudrait payer davantage. Grâce entre autre à l'émergence des parcs citoyens, 60 % des habitants se disent prêts enfin à habiter à côté de parcs éoliens, pour 3 % qui accepteraient de vivre à côté d'une centrale nucléaire.


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