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Le cercle vicieux de la crise

LA RÉDACTION, LE 9 JANVIER 2012
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L'année 2012 s'annonce comme la plus dangereuse de l'histoire de l'industrie des énergies renouvelables. Le nouvel avertissement sur résultats lancé la semaine dernière par le danois Vestas, premier fabricant mondial de turbines éoliennes, n'en est que la dernière illustration. Déjà fortement marqué par deux années de crise en 2008 et 2009, que le rebond de 2010 n'a pas compensées, le secteur affiche aujourd'hui une santé financière préoccupante. La direction de Vestas a beau, une nouvelle fois, démentir tout besoin de nouveaux financements, de nombreux analystes s'attendent à ce qu'elle soit contrainte d'ouvrir le capital de la société. Les analystes de Crédit Suisse rappellent que l'année suivant l'éclatement de la crise de 2008, les nouvelles commandes de Vestas avaient été divisées par deux. Ce qui avait provoqué d'importantes tensions sur la trésorerie, et bousculé l'organisation industrielle de la société. La situation n'est pas meilleure dans le solaire. En 2011, plusieurs industriels ont déjà souffert des baisses de commandes et de la concurrence effrénée de certains acteurs à la chasse aux parts de marché. En France, le sort de Photowatt est suspendu à l'intervention de l'Etat. En Allemagne, l'avenir de Q-Cells dépend de l'injection de nouveaux fonds. En Grande-Bretagne, BP a décidé de fermer sa filiale solaire. Aux Etats-Unis, Solyndra a tout simplement fait faillite. Selon les professionnels du secteur, ces exemples risquent de se multiplier en 2012. La crise de la dette dans la zone euro, mais aussi la perspective d'une réduction des soutiens financiers aux Etats-Unis, incitent banques, assureurs et tous les autres investisseurs qui intervenaient habituellement à revoir leurs projets. Résultat de cette raréfaction du crédit : les développeurs de centrales solaires ou éoliennes se financent... mais à des coûts nettement plus élevés. En Italie, deuxième marché solaire européen, le surcoût atteindrait quasiment 5 %. De quoi faire s'effondrer la rentabilité des projets, en grande partie financés à crédit. D'où les chutes de commandes de matériels et les difficultés des fabricants, même des plus grands comme Vestas. Un véritable cercle vicieux.


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