Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
CLEANTECH

Les ressources foisonnent

LA RÉDACTION, LE 9 JANVIER 2012
Archiver cet article
Newsletters
Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
Faire feu de tout bois... et du reste. Telle pourrait être la devise de la filière biomasse. Au-delà des ressources forestières, plusieurs gisements peu exploités en France sont aujourd'hui disponibles. Le projet européen Life + Green Pellets, mené par l'association Aile de 2009 à 2011, vient d'estimer que 200 000 tonnes équivalent pétrole (tep) pourraient être produites en Bretagne et Pays de la Loire en valorisant une partie des menues pailles, les déchets d'entretien des roselières et de la lande, ainsi que les sarments de vignes. Cela correspondrait au chauffage de 300 000 foyers environ. À titre de comparaison, Bretagne et Pays de la Loire consomment 500 000 tep/an de bois bûche pour le chauffage de l'habitat individuel. Mais c'est sur tout le territoire français qu'existent les gisements. Dans l'Oise, la coopérative Lin 2000 a installé en 2010 une chaudière polycombustible de 2,9 MW, associée à un réseau de chaleur sur la commune de Grandvilliers. « Elle est alimentée par des anas de lin, coproduit de la culture du lin textile qui représente 45 % du poids de la récolte. En brûlant 2 000 tonnes d'anas par an, l'installation délivrera 8 000 MWh/an », détaille Jacques Larcher, directeur de Lin 2 000. Autre exemple, la distillerie Jean Goyard, à Aÿ (Marne), possède une installation valorisant les sous-produits des vignobles champenois. La chaudière polycombustible de 8 MW est alimentée en partie par les résidus solides de marc de raisin, les bois de taille et de souche des vignes. « Les viticulteurs déposent leurs bois sur des plates-formes que nous mettons à leur disposition, détaille Thierry Bouyé, responsable travaux neuf et maintenance à la distillerie Les bois sont ensuite broyés sur place par des prestataires, puis transportés jusqu'à notre chaudière. » En complément, l'entreprise utilise du bois de classe A (bois en fin de vie non traités et non peints), qui pourrait aussi représenter une solution. Le manque de données sur la filière nuit néanmoins pour le moment à son développement. Le Comité interprofessionnel du bois énergie (Cibe) doit mener des études pour caractériser cette ressource (émissions particulaires et gazeuses, concentration des polluants...), mais refuse pour l'instant de s'exprimer sur le sujet et sur le potentiel de la filière. La problématique n'a pas empêché la distillerie Goyard de trouver deux fournisseurs locaux. « Avec l'un, nous avons établi un contrat fixe. Avec l'autre, nous commandons en fonction des besoins et des disponibilités », précise Thierry Bouyé. Autres ressources à disposition : les cultures énergétiques. Les études du projet Life + Green Pellets révèlent que le potentiel existe, même si la filière n'est pas rentable pour le moment. Le miscanthus se vend à environ 70 euros la tonne contre 50 à 60 pour le bois bûche. Convertir 2,7 % de la surface agricole en Bretagne et Pays de la Loire permettrait tout de même de produire 440 000 tep. Deux avantages majeurs promettent un bel avenir aux biomasses alternatives. D'abord, la vente des sous-produits peut présenter un réel intérêt économique pour les agriculteurs. « Les débouchés précédents - panneaux agglomérés ou litière pour chevaux de course - payaient les anas de lin environ 20 à 25 euros la tonne, alors qu'avec la production de chaleur les agriculteurs sont rémunérés environ 50 », annonce Jacques Larcher. Les prix de marché n'existant pas dans ces filières, le tarif de vente est fixé au cas par cas. Ensuite, ces ressources émergentes peuvent être mélangées dans des chaudières polycombustibles. « En cas de mauvaise récolte de lin textile, nous pouvons remplacer les anas de lin par de la paille de lin oléagineux, ou même par du bois, de la paille de blé, du miscanthus », témoigne Jacques Larcher. À long terme, c'est d'ailleurs dans ce rôle que ces nouveaux combustibles devraient trouver leur place. « Les agrocombustibles ne seront pas amenés à remplacer le bois. Ils serviront plutôt de complément », confirme Aurélie Leplus, chargée de mission à l'association Aile. Pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.


PARTAGER :
À LIRE ÉGALEMENT
Des toitures qui recyclent les eaux grises : Soprema lauréat d’Innov’Eau
Des toitures qui recyclent les eaux grises : Soprema lauréat d’Innov’Eau
Le Salon des maires 2025 : zoom sur les lauréats des prix de l’innovation
Le Salon des maires 2025 : zoom sur les lauréats des prix de l’innovation
Installations d’eau : la réparation et le réemploi s’imposent face au tout-neuf
Installations d’eau : la réparation et le réemploi s’imposent face au tout-neuf
De l’humidité à l’eau : Agua de Sol récompensée par l’UIE
De l’humidité à l’eau : Agua de Sol récompensée par l’UIE
TOUS LES ARTICLES CLEANTECH
Les plus lus