Un chantier gigantesque a franchi une étape cruciale : le 11 janvier marquait la date limite de dépôt des candidatures pour le premier appel d'offres français sur l'éolien offshore. Les dossiers ont été remis à la Commission de régulation de l'énergie, qui « rendra son rapport aux ministres chargés de l'énergie avant le 29 mars », a-t-elle assuré. Un travail de poids, à l'image de l'offre du consortium mené par Iberdrola et Eole-Res sur Saint-Nazaire et Saint-Brieux. Ce groupement a déposé deux dossiers de plus de 4 000 pages et de 25 kg chacun. Mais après ce premier grand rendez-vous de l'année, les regards sont tournés vers la suite. L'administration planche en effet sur un nouvel appel d'offres : « Mes équipes travaillent sur les données remontées par les préfets pour identifier s'il y a de nouveaux sites possibles », confie Pierre-Franck Chevet, directeur général de l'énergie et du climat. Pour ce deuxième appel, « nous avons proposé un site à Dunkerque pour un projet de 500 MW », illustre ainsi Jean-Christophe Chomette, directeur général d'Iberdrola France (voir aussi page 8). L'énergéticien espagnol étudie la zone depuis 2009, après avoir racheté les études que Total y menait depuis 2000. Mais l'éolien offshore n'est que l'un des divers enjeux énergétiques des prochains mois ! « Je ne suis pas sûr que l'année 2012 soit plus sereine que 2011, pressent Pierre-Franck Chevet. Il faudra aussi faire le point sur le dispositif de soutien à la filière photovoltaïque », évoque-t-il. Ou encore : « Les plans pluriannuels d'investissements vont devoir être mis à jour et 2012 sera déterminant pour cadrer ce sujet avec le nouveau gouvernement ». Tout cela dans un contexte économique et budgétaire incertain comme rarement. « L'année 2011 a marqué un troisième choc pétrolier », diagnostiquait Olivier Appert, président d'IFP Energies nouvelles, le 10 janvier, lors d'un débat organisé par BIP-Enerpresse. « Elle restera dans les annales au même titre que 1973 et 1979. » Avec un prix du pétrole à des niveaux historiques, juge-t-il, « 2011 a apporté beaucoup plus de questions que de réponses ». Ça promet !