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La concurrence appelée à s'intensifier

LA RÉDACTION, LE 30 JANVIER 2012
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Le sujet couvait depuis des années. Le débat sur le manque de concurrence dans la distribution et l'assainissement de l'eau en France a été relancé par la Commission européenne. En lançant une procédure formelle contre Veolia, Suez Environnement et Saur, Bruxelles devrait contribuer à réveiller ce marché détenu à 69 % par ces trois acteurs dans l'eau potable et à 55 % dans l'assainissement. Aidés par l'évolution de la législation, quelques groupes - français (Derichebourg) ou étrangers (l'allemand Remondis) - ont tenté ces dernières années de se faire une place au soleil. En vain. À court terme, le principal risque pour Veolia, Suez et Saur est financier. Les deux premiers sont les principaux visés en raison des dizaines de sociétés communes qu'ils ont exploitées jusqu'en 2010 pour gérer les réseaux d'eau de plusieurs agglomérations françaises (voir notre numéro 51). Le calcul de l'amende ne répond pas à une règle mathématique. Mais son montant ne peut pas dépasser 10 % du chiffre d'affaires total du groupe, soit dans le pire des cas pour Veolia une sanction de 3,4 milliards d'euros et de 1,5 milliard pour Suez. Impensable, au risque de menacer la santé de ces sociétés. Selon les estimations des analystes, et en fonction des affaires jugées (comme la sanction imposée à E.ON et à GDF Suez de 533 millions d'euros chacun pour entente sur le marché du gaz), l'amende potentielle pourrait plutôt osciller entre 350 et 700 millions d'euros pour Veolia, et entre 150 et 300 millions pour Suez. À moyen terme, le risque n'est pas négligeable non plus. L'enquête de Bruxelles pourrait renforcer les exigences des collectivités, qui confient leur réseau d'eau à ces sociétés. Or, avec les lois Sapin (1993) et Barnier (1995), qui ont limité à quinze ans la durée des contrats, de nombreux marchés arrivent à expiration dans les prochains mois. Environ 9 % du portefeuille de contrats de Veolia, numéro un de l'eau en France, doit être renégocié en 2013. Surveillé par Bruxelles et pressé par ses concurrents, le groupe pourrait être contraint d'accorder de nouvelles baisses de prix... au détriment de ses marges. Veolia explique déjà que l'intégralité des économies réalisées par sa division eau en France, environ 80 millions d'euros par an, sert à couvrir les efforts de tarifs demandés par les municipalités.


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