Consolidation, compétitivité, emploi. Lors du colloque annuel du syndicat des énergies renouvelables (SER), le 7 février, la maturité industrielle a été l'obsession de filières frappées par la crise économique et financière. « La crise nous invite à montrer que les renouvelables sont plus que jamais utiles en termes d'emplois, d'industrie, d'indépendance », a enjoint la ministre de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. En ligne de mire, se dresse le marché international : « La croissance toujours soutenue dans les pays émergents est une formidable opportunité pour nos entreprises », a encouragé Jean-Louis Bal, président du SER. Reste à être compétitif face à l'armada asiatique. À l'image du photovoltaïque, qui traverse « une période transitoire », note Philippe Boisseau, directeur général de Total gaz & énergies nouvelles. Les grands groupes - EDF, GDF Suez, Areva, Total, Alstom - se sont évertués à se positionner en chefs de files. « Pour résister aux Chinois, il faut être un groupe mondial puissant pour continuer à investir en R et D et avoir des effets d'échelle dans l'outil industriel », prescrit Philippe Boisseau (voir ci-dessous). Mais aussi entraîner dans son sillage des PME pour apporter des briques technologiques et développer la distribution. De l'avis de tous, ce voeu sera pieux sans un marché domestique stable, lisible et dynamique. « L'appel d'offres sur l'éolien offshore aura le mérite de redynamiser un tissu industriel, y compris de PME, et l'activité portuaire », se réjouit Jérôme Pécresse, vice-président exécutif d'Alstom... non sans rappeler, au passage, que sa société s'est engagée à bâtir quatre usines en France, en cas de succès de son consortium, et envisage la création d'un centre d'ingénierie de 200 personnes sur les énergies marines. Seule ombre au tableau, « le financement pourrait être un goulot d'étranglement », avertit Luc Oursel, président du directoire d'Areva. Un investisseur confirme : « Depuis le moratoire photovoltaïque, les financiers ont du mal à se positionner », souligne Serge Savasta, responsable énergies renouvelables de Crédit Agricole Private Equity. Les financiers aussi ont besoin de visibilité.