Au printemps, Total Lubrifiants et Sarp Industries (Veolia) vont ouvrir une usine de régénération des huiles de moteur usagées à Gonfreville l'Orcher, en Seine-Maritime. Les deux groupes ont créé Osilub. Cette filiale commune traitera 120 000 tonnes d'huiles par an sur ce site, qui a nécessité 50 millions d'euros d'investissement. « Au lieu de craquer les molécules d'huile comme dans la chimie du pétrole, nous procédons à une distillation en plusieurs étapes pour reformer de l'huile à partir d'huile. C'est de la chimie fine », décrit son directeur général, Jacques Tricard. Cette technique de re-raffinage, protégée par un brevet racheté à une start-up américaine, a été développée durant quatre ans sur un pilote industriel en partenariat avec l'Ademe et le laboratoire de génie chimique de Toulouse. Le procédé consiste à éliminer l'eau, les solvants, puis les hydrocarbures grâce à un passage en évaporateur. « Nous produisons ainsi 75 % d'huiles d'une qualité comparable à celle des huiles vierges issues du raffinage et le reste en résidus, alors qu'une distillation classique produirait 45 % d'huiles et le reste serait du combustible s'apparentant à du fuel industriel », vante l'industriel. Les résidus non-évaporés sont piégés dans un goudron, qui part en cimenterie ou en incinérateur.